Gérard Péhaut
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Ces derniers mois, le cours de l’or a fortement augmenté. L’attractivité de ce métal inoxydable et inaltérable n’est pas nouvelle : la fascination qu’il exerce depuis l’Antiquité explique son rôle économique considérable.

L’exploitation et l’utilisation de l’or sont attestées depuis plus de 8 000 ans. Les premiers objets en or façonnés par l’homme ont été retrouvés en Égypte. Pendant longtemps, l’or a servi à décorer les objets possédés par les puissants. L’or est omniprésent dans les récits antiques : la Bible raconte l’épisode de l’adoration du Veau d’or par les Hébreux. La fascination exercée par l’or et la volonté d’accumuler les richesses entraînent aussi très vite une réprobation morale : Aristote (384-322 av. J.-C.) condamne la chrématistique (l’art de se procurer des richesses), tradition reprise plus tard par les théologiens chrétiens, en particulier saint Thomas d’Aquin (1225-1274). Malgré ces condamnations, la fièvre de l’or ne s’éteint pas et va même crescendo.

Les raisons d’une ascension

Utilisé d’abord pour la parure, l’or est ensuite devenu la clef de voûte des systèmes monétaires. C’est à Crésus, roi de Lydie au VIe S. av. J.-C., que l’on attribue la frappe des premières pièces d’or. Sa fabuleuse richesse lui vient de l’exploitation du fleuve Pactole qui se serait chargé d’or lorsque Midas s’y lava les mains pour se débarrasser de son pouvoir de transformer en or tout ce qu’il touchait. Au Moyen-Âge, certaines cités italiennes adoptent des monnaies d’or (florins et ducats) qui témoignent de leur puissance commerciale.