Psychologie évolutionniste contre sociologie, un duel idéologique malvenu ?

Idées

Psychologie évolutionniste contre sociologie, un duel idéologique malvenu ?

Pour les tenants de « l’évopsy », l’évolution a structuré l’esprit humain en modules spécialisés dans la détection et le traitement d’un type particulier d’informations. Ce qui pourrait expliquer un grand nombre de phénomènes sociaux et culturels. Mais gare à la simplification.

Si les girafes ont un long cou, c’est que par le hasard des mutations génétiques se produisant lors de la reproduction, certains de leurs ancêtres sont nés avec un cou un peu plus long que la moyenne. Ces individus avaient un avantage sur leurs congénères : celui d’accéder plus facilement à la nourriture située en hauteur.

Mieux nourris, ils eurent plus de petits que les autres, ce qui fait que les gènes produisant des individus à cou long devinrent peu à peu la norme au sein de la population. Ce processus de sélection se répétant à chaque génération, la longueur moyenne du cou des girafes a augmenté au fil du temps.

Cela, nous le savons tous depuis que nous avons étudié la théorie de l’évolution à l’école. Ce que nous savons moins, c’est que les propriétés cognitives de chaque espèce – la manière dont le cerveau des individus détecte et traite les informations de leur environnement – ont, elles aussi, été sélectionnées de la sorte.