Réforme des retraites. De Bismarck à Jaurès… Et si on regardait dans le rétroviseur ?
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Réforme des retraites. De Bismarck à Jaurès… Et si on regardait dans le rétroviseur ?

Pierre Martin, agrégé d’histoire, professeur de chaire supérieure
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En 1910, on arrêtait de travailler à 65 ans, mais l’espérance de vie était de 50 ans ! Nous vivons aujourd’hui une autre contradiction : de 5,1 pour 1 en en plein baby-boom de 1950, le ratio cotisants/retraités est tombé à 2,7 pour 1 en 2020 en plein « baby krach ». Une pyramide de Ponzi ?

Alors que le président Macron entend réformer les retraites, jeter un œil dans le rétroviseur nous apprend que ressurgissent aujourd’hui des débats déjà présents en 1910, lorsque la IIIe République cherchait à protéger les ouvriers et les paysans qui n’étaient plus en âge de travailler : elle avait alors opté pour la capitalisation et pour un âge si avancé au regard de l’espérance de vie de l’époque que les bénéficiaires furent bien rares. Il faudra attendre 1945 pour que la branche vieillesse de la Sécurité sociale commence à couvrir les retraites d’un salariat en plein essor.

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« Non à la retraite pour les morts ! ». Voilà comment la CGT réagissait, au début du XXe siècle, à ce qui est devenu, en 1910, la loi sur les Retraites ouvrières et paysannes (ROP). Il est vrai que l’âge de départ à la retraite était de 65 ans alors que l’espérance de vie des Français n’atteignait pas 50 ans !