Francois Quesnay, fondateur de la pensée économique moderne. 

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Francois Quesnay, fondateur de la pensée économique moderne. 

Médecin et économiste du XVIIIe siècle, François Quesnay est le père de l’école des Physiocrates, considéré comme le premier courant de pensée moderne en économie. 

Qui suis-je ? 

François Quesnay naît le 4 juin 1694 à Méré dans les Yvelines en France. Il est le fils d’un modeste propriétaire terrien et a onze frères et sœurs. Bien qu’il ne sache pas lire jusqu’à l'âge de onze ans, Quesnay prend goût pour la gestion paysanne et surtout pour la médecine qu’il va commencer à étudier après la mort de son père à seulement onze ans. 

Il se spécialise dans la chirurgie et devient, en 1718, maître dans la communauté des chirurgiens de Paris. Il décroche le titre de docteur de médecine en 1744, et est nommé médecin officiel de Madame de Pompadour, maîtresse en titre du roi Louis XV, à la cour de Versailles en 1749. 

Quesnay intègre l’Académie des Sciences en 1751 et devient membre de la Royal Society l’année suivante. Il fréquente plusieurs grands philosophes de son époque dont D’Alembert, Buffon, Diderot ou encore Condorcet. Ces relations amicales l'amène à s’intéresser à d’autres disciplines dont l’économie. 

Il est le fondateur du courant de pensée des Physiocrates, mettant fin à la doctrine économique mercantiliste des XVIe et XVIIe siècles fondant la richesse des États sur l'accumulation des réserves en or et argent. 

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Les principaux articles économiques de Quesnay sont publiés dans l’Encyclopédie de D’Alembert et Diderot : « Fermiers » en 1756, « Grains » en 1757, « Hommes » en 1757, ainsi que les différentes versions de son « Tableau économique ». Il écrit également des articles parus dans le Journal de l'Agriculture, du Commerce et de la Finance, comme « Le droit naturel » en 1765 ou encore « Dialogue sur les travaux des artisans » en 1767.

François Quesnay, avec son Tableau économique, est le premier à décrire l'activité économique comme un circuit d'interdépendances entre différentes classes sociales. Il est également le premier à parler de science économique au lieu d’utiliser à cette époque l’expression d'économie politique. 

Après une grande carrière de médecin-chirurgien au château de Versailles et pionnier de la pensée économique moderne, Quesnay doit quitter la cour du roi après la mort de Louis XV en mai 1774 et meurt sept mois plus tard. 

Son Tableau économique, première tentative de synthèse économique

De par sa formation de médecin, Quesnay s’inspire de la circulation sanguine pour schématiser l’activité économique de son temps dans son tableau économique (voir ci-dessous). Pour rappel, l’économie de l’époque est une économie paysanne où l'agriculture est le secteur dominant. L’étymologie du mot physiocrate vient du grec ancien signifiant "gouvernement de la nature”.

Tableau de Quesnay

L’économie, selon lui, est semblable à l’organisme humain dont les organes sont interdépendants entre eux et forment un équilibre naturel sans besoin d’aide extérieur. Il en va de même pour l’économie.

Quesnay, sans le savoir, sera le premier à penser un modèle macroéconomique simplifié de production et de répartition de la richesse. Il distingue dans son tableau économique trois catégories d’agents économiques (classes sociales) : la classe productive (fermiers), la classe stérile (artisans, commerçants) et les propriétaires terriens (aristocrates et clergé). 

Pour l’économiste français, seul les fermiers sont "productifs" car seule la terre crée réellement de la richesse supplémentaire, ce qu’il appelle le “produit net”. En cultivant la terre, à partir des semences (entrée) nous obtenons des légumes et des fruits (sortie) d'une valeur plus élevée.

La classe stérile désigne les métiers autres que le secteur agricole, comme les artisans, commerçants, ou encore les manufacturiers. Ce sont les métiers appartenant aujourd'hui aux secteurs secondaire (industrie) et tertiaire (services). Selon Quesnay, ces secteurs produisent une “valeur de sortie” (valeur finale) égale à la “valeur des entrées” (valeur initiale). Les matières premières ont été transformées par les mains de l’homme mais aucune richesse n’est créée à proprement dit selon sa pensée. 

Les propriétaires terriens, constitués des aristocrates et des membres du clergé louent leurs terres ainsi que leurs outils agricoles et jouissent d’une rente payée par la classe productive. L’intégralité du “produit net” (plus value) est reversé aux propriétaires terriens, dont ces derniers pourront se servir pour acheter de nouvelles machines agricoles ou acheter d’autres biens artisanaux fabriqués par la classe stérile. 

Les classes sociales échangent entre elles des biens et des devises. Dans le « Tableau économique » de Quesnay, pour chaque flux de biens ou de services (achat) entre chaque classe sociale il y a un flux inverse en monnaie (paiement).

La production agricole est estimé à cinq milliards de francs selon Quesnay et est réparti comme suit :

- Deux milliards pour la classe productive sous forme de bien alimentaires nécessaire à leur survie (d’une valeur d’un milliard de francs) et “d’avances annuelles” que sont les consommations intermédiaires comme les semences, et les outils par exemple (un milliard également).

- La classe des propriétaires reçoit l'intégralité du “produit net” qui est égal à deux milliards de francs. 

- La classe stérile achète des produits agricoles pour un montant d’un milliard de francs pour produire le même montant en produits manufacturés (valeur d’entrée = valeur de sortie).

Les physiocrates prônent le “laissez-faire”, c'est-à-dire que tous les obstacles, restrictions au commerce doivent être levés. Les flux économiques biens-argent doivent être libres pour permettre au système économique d’atteindre son équilibre naturel. L’action de l’Etat doit être limitée au maximum. Ces idées, et notamment celle d’équilibre naturel, seront reprises par les économistes libéraux comme Smith, Ricardo mais aussi par Walras ou Leontieff. 

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Le courant de pensée des physiocrates prend fin avec l’émergence de la Révolution industrielle, époque marquant la transition des sociétés agricoles vers des sociétés industrielles. 

Mes dates clés

Naissance : Le 4 juin 1694 à Méré

1758 : Auteur du Tableau économique 

Mort : Le 16 décembre 1774 à Versailles