L'Agence internationale de l’énergie, sentinelle de l’énergie

Dico de l'éco

L'Agence internationale de l’énergie, sentinelle de l’énergie

Veiller à ne jamais manquer de combustible, c’est la mission de l’Agence internationale de l’énergie, créée au sein de l’OCDE après le choc pétrolier de 1973.

Le 31 mars, les réserves stratégiques américaines de pétrole ont été sollicitées exceptionnellement. Les États-Unis ont accepté de puiser dans leurs stocks pour tenter de contenir la flambée mondiale des prix de l’énergie, liée notamment à la guerre en Ukraine. Le long du Golfe du Mexique, des cavernes regroupées sur quatre sites peuvent abriter jusqu’à 714 millions de barils. C’est la plus grande réserve stratégique du monde. La France, de son côté, entrepose 18 millions de tonnes de pétrole, soit l’équivalent de 29,5 % de sa consommation annuelle, sur 235 sites répartis sur le territoire.

Disposer d’or noir par prévention, c’est une obligation imposée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Depuis sa création, en 1974, elle enjoint ses 31 pays membres à garder l’équivalent de 90 jours d’importations nettes de brut et de raffiné. La date de cette décision n’est pas anodine : c’était une réaction immédiate au choc pétrolier.

Orientée fossile

Chacun des 31 pays membres peut décider de puiser dans ses propres stocks quand sa situation individuelle l’impose. L’AIE et son directeur exécutif, Fatih Birol, coordonnent l’action collective quand la situation devient critique au niveau mondial. C’est le rôle de cette filiale de l’OCDE que de veiller à la sécurité énergétique pour tous.

Éco-mots

Sécurité énergétique

Disponibilité ininterrompue de sources d’énergie à un prix abordable.

Depuis Paris, elle examine régulièrement l’état des stocks nationaux et suit le cours des marchés de l’énergie. Elle vérifie théoriquement la capacité des pays à faire pivoter leur modèle énergétique en cas de panne d’une centrale nucléaire ou du déclenchement d’un conflit.

Elle agit aussi comme un think tank, un « policy adviser », en « promouvant la diversité, l’efficacité, la flexibilité et la fiabilité des carburants et sources d’énergie », selon ses propres mots. L’AIE espère aussi éradiquer la pauvreté énergétique en soutenant les marchés libres, et « trouver des solutions aux préoccupations énergétiques et environnementales en travaillant avec les grandes économies émergentes ». Son budget, environ 27 millions d’euros par an, est constitué pour un tiers de « contributions volontaires » publiques et privées. Le reproche lui est parfois fait de surestimer la capacité de production de pétrole à long terme et, à l’inverse, de sous-estimer le rôle des énergies renouvelables dans les futurs systèmes énergétiques. Une vision que l’on retrouve dans la liste de 10 recommandations pour se couper du gaz russe qu’elle a récemment publiée. Elle y suggère de maximiser la production d’électricité à partir de la bioénergie et du nucléaire ou encore d’encourager les particuliers à réduire la température de leur thermostat à domicile d’un degré. Enfin elle propose d’instaurer, comme pour le pétrole, un minimum obligatoire de réserve de gaz.