Concurrence (pure et parfaite, imparfaite)

Dico de l'éco

Concurrence (pure et parfaite, imparfaite)

Situation de compétition entre producteurs pour écouler leurs productions, qui assure les prix les plus bas. Elle est pure et parfaite lorsque certaines conditions sont remplies (transparence, atomicité et fluidité du marché, homogénéité du produit et mobilité des facteurs de production). Imparfaite dans les autres cas.

La concurrence tue la concurrence

« Vive la concurrence », disent les consommateurs sensibles aux prix les plus bas. « À bas la concurrence », répondent les entreprises qui, pour ne pas disparaître, doivent constamment être plus productives et compétitives.

La concurrence est un processus de confrontation entre entreprises pour accroître leurs parts de marché mais, et c’est le paradoxe, la concurrence tue la concurrence !

Les entreprises investissent, innovent, réduisent leurs coûts pour offrir leurs produits au meilleur rapport qualité-prix. Il est donc légitime que la meilleure gagne et que les moins performantes disparaissent.

Si, progressivement les meilleures entreprises éliminent ou absorbent leurs concurrents moins bons, deviennent dominantes et acquièrent un véritable pouvoir de marché, alors la concurrence laisse place au monopole. C’est l’aboutissement de ce processus de sélection, mais aussi le contraire de la concurrence.

Ce paradoxe justifie, y compris aux yeux des libéraux, une action de la puissance publique pour protéger la concurrence. C’est le rôle de la « politique de concurrence », car sans concurrence, il n’y aurait ni innovation ni progrès.

En France, deux siècles de concurrence libre

En France, l’ouverture à la concurrence date de la Révolution française avec la loi Le Chapelier (1791) qui interdit les corporations de métiers. En 1986, les bases d’une économie de marché se mettent en place avec la fin du contrôle des prix.

Depuis 2009, c’est l’Autorité de la concurrence qui garantit le bon fonctionnement de la concurrence, contrôle les opérations de concentration, les cartels et les ententes et sanctionne les pratiques anticoncurrentielles. En 2017, l’UE a condamné Google à 2,42 milliards d’euros d’amende pour abus de position dominante.

Les États-Unis ont aussi été pionniers, en 1890, avec le Sherman Antitrust Act, dit loi anti-trust, qui rend illégal « tout contrat ou entente ou autre forme de conspiration ayant pour effet de restreindre le commerce […] ou tout monopole ou tentative de s’entendre […] ». En 1911 la Standard Oil sera démembrée en 34 sociétés indépendantes.