Esprits animaux

Dico de l'éco

Esprits animaux

Cee phénomène psychologique irrationnelle et inconsciente peut expliquer comment les décisions sont prises dans un contexte d’incertitude économique. 

Que cela soit pour les entreprises ou les ménages, lorsque l'on prévoit leur comportement économique, il  faut compter avec l’emprise des « esprits animaux ». Il s'agit de cette part d’incohérence et d’instabilité naturelles qui, d’après John Maynard Keynes, déterminent les choix et les décisions des agents économiques et expliquent en grande partie l’instabilité de l’économie, ses fluctuations et ses dysfonctionnements.

La notion d’esprits animaux (spiritus animalis), très utilisée au Moyen-Âge, désigne « ce qui vient de l’esprit et pousse au mouvement et à l’acte ». Keynes met en avant ce phénomène dans sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) pour expliquer comment les décisions sont prises dans un contexte d’incertitude économique. Selon les époques et les individus, ces esprits animaux paralysent ou, au contraire, stimulent.

Cinq formes de manifestation

En 2009, George Akerlof et Robert Shiller (dans Les Esprits animaux. Comment les forces psychologiques mènent la finance et l’économie, Pearson, 2009), deux économistes américains, y reviennent pour expliquer comment ces forces psychologiques irrationnelles et inconscientes influent sur l’économie au quotidien et « font ou défont » les économies réelles.

Ils retiennent cinq manifestations des esprits animaux qui impactent les décisions économiques :

- la confiance, le plus décisif, car elle permet d’avancer et de prendre des risques ;

- l’équité, qui limite la colère et la violence quand chacun reçoit à hauteur de ce qu’il apporte ;

- la corruption et le comportement antisocial, qui se développent lorsqu’il est facile d’échapper aux sanctions ;

- l’illusion monétaire liée à l’absence de conscience de l’inflation 

- et enfin, la littérature, c’est-à-dire les récits, les interprétations de la réalité et du monde que se racontent les individus ou une société.

Intégrer ces motivations, autres qu’économiques, dans le fonctionnement de l’économie, peut aider à sortir d’une crise.