L'État et son rôle

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L'État et son rôle

L’État nous abandonne, disent les uns ! Mais non, il est omniprésent, disent les autres ! Mais à quoi doit ou peut servir l’État dans une économie de marché ? L’État est une institution chargée de gouverner un pays, mais jusqu’où doit aller son administration ?

En France, dans un sens restreint, l'État comprend les administrations publiques centrales.

Dans un sens large, l'État regroupe les administrations publiques centrales et locales ainsi que la Sécurité sociale. Mais cette situation n'a pas toujours été ainsi. 

État minimaliste

Au XIXe siècle, les libéraux considèrent que l’État doit veiller au bon fonctionnement des marchés, faire respecter la concurrence, la sécurité intérieure et extérieure, les libertés individuelles, autrement dit, mettre en place le cadre institutionnel dont le marché a besoin.

C’est un État-gendarme ou État régalien. Son rôle, minimal, se limite aux fonctions régaliennes que sont la justice, la police et l’armée.

Il est alors un simple arbitre puisque le marché, naturellement régulateur et autorégulateur, assure l’allocation optimale de toutes les ressources (travail, capital, matières premières…) entre des individus, libres d’échanger ou pas au prix fixé par le marché.

Toutefois, les libéraux considèrent que l’État doit pallier les défaillances du marché, incapable de produire les biens collectifs ou de gérer les effets externes des activités économiques.

À lire Est-ce le rôle de l’État de produire du bonheur ?

Le triomphe de l’interventionnisme

Un tournant majeur intervient avec l’économiste britannique John Maynard Keynes (1883-1946) dans les années 1930 : combattre le chômage et la pauvreté nécessite l’intervention de l’État pour relancer la demande et rectifier les anticipations des agents économiques.

L’État devient alors producteur de services et régulateur grâce à ses instruments, budgétaire et monétaire.

Retrouver ici le portrait de John Maynard Keynes

Cette politique contracyclique n’est en rien anti-libérale, elle corrige le marché. La période de croissance des Trente Glorieuses est celle de l’État-providence triomphant. L’économiste américain Richard Musgrave (1910-2007) définit ses trois fonctions majeures : l’allocation de ressources, la stabilisation de l’économie et la redistribution sociale.

Crises et réhabilitation

Les chocs pétroliers et les difficultés de financement de l’État-providence provoquent trois crises, identifiées par le sociologue Pierre Rosanvallon : financière (déficits et dette croissants), d’efficacité (chômage et pauvreté endémiques) et de légitimité (prélèvements confiscatoires).

Depuis les années 1980 et malgré les déréglementations favorables au marché, les libéraux américains Paul Romer et Robert Lucas considèrent que l’État, en investissant dans la R & D, la formation et les infrastructures, contribue à la croissance endogène.

Un État stratège qui prépare efficacement l’avenir est, selon l’économiste américain Douglass North (1920-2015, Nobel 1993), une des institutions déterminantes pour la croissance et le développement.