Fusions-acquisition (F & A ou fusac)

Dico de l'éco

Fusions-acquisition (F & A ou fusac)

Pour ne pas disparaître et s’adapter aux nombreux défis industriels et économiques, des entreprises décident de fusionner entre elles. C'est une stratégie de croissance externe, souvent préférable pour créer de la valeur, en période de croissance atone, à celle des investissements en interne.

À l'image de Stellantis, né de la fusion du constructeur français PSA (Peugeot SA) et du groupe italo-américain FCA (Fiat Chrysler Automobile), la plupart des grandes firmes multinationales d’aujourd’hui, dans le pétrole, la finance, ou la pharmacie sont nées de fusions ou d’acquisitions spectaculaires.

Pour quelles raisons des entreprises, généralement de taille équivalente, fusionnent-elles pour n’en former qu’une, ou en acquièrent-elles de moins grosses ? Pour ne pas disparaître et s’adapter aux nombreux défis industriels et économiques. Les fusions sont donc une stratégie de croissance externe, souvent préférable pour créer de la valeur, en période de croissance atone, à celle des investissements en interne.

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Trois formes de fusion

Les fusions-acquisitions (F & A ou « fusac »), répondent à différentes motivations.

Atteindre la taille critique et réaliser des économies d’échelle en est une. PSA-FCA, en devenant un géant automobile, espère réaliser des synergies (économies) de l’ordre de 3,7 milliards d’euros annuellement. Grâce à une plus large production et distribution de leurs produits : le marché américain redeviendra accessible pour PSA et le marché européen pour FCA. Et grâce à leur complémentarité, puisque toute la gamme automobile, en largeur comme en profondeur, sera couverte.

Cette fusion « horizontale » permettra au nouveau groupe d’accroître sa visibilité et ses parts de marché, d’améliorer sa rentabilité et d’accélérer sa croissance. Elle sera aussi le moyen d’engager les investissements nécessaires en R & D. La fusion PSA-FCA est un enjeu industriel et technologique pour développer des véhicules écologiques, autonomes, acquérir des connaissances et étaler les coûts sur une grande échelle de production.

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Certaines entreprises désirent aussi se rapprocher de leurs clients ou de leurs fournisseurs, à différentes étapes de leur cycle productif et de distribution. À l’instar de Google. Ce sont des F & A « verticales ». Cette intégration en amont ou en aval assure un contrôle des coûts de transaction, comme l’a expliqué l’économiste britannique Ronald Coase (1910-2013) et un plus grand pouvoir de négociation.

Enfin, des F & A « conglomérales », comme Bouygues, réalisées entre entreprises sans liens de production ou de marché, permettent une diversification et de "ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier". En effet, les secteurs d’activité ne connaissent pas des difficultés tous en même temps.

Toutefois, la course à la taille a ses limites. L’économiste britannique Alfred Marshall (1842-1924) a relevé qu’à partir d’un certain seuil, les rendements n’étaient plus croissants. En effet, les coûts administratifs, de restructuration et les relations humaines doivent être prises en compte dans ces opérations.