Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec)

Dico de l'éco

Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec)

Le Giec s’apprête à rendre son sixième rapport. Comité scientifique de plus de 3 000 experts internationaux, fondé par Margaret Thatcher, il sélectionne et révise les dernières études en matière de réchauffement climatique.

Le Giec s’apprête à rendre son sixième rapport… Officiellement. Car le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a vu une partie de son texte fuiter le 22 juin, près d’un mois avant la publication du premier volet du rapport. 

Le 19 août, une première partie du texte présentera les derniers travaux scientifiques publiés en matière d’environnement, sélectionnés et révisés par les pairs, membres du Giec. Parce que l’organisme ne commandite — ni ne mène lui-même — les recherches. Entre les cinq, six, sept ans qui séparent chaque rapport, les chercheurs de chaque commission scrutent l’actualité scientifique pour composer, in fine, un état des lieux pointu du réchauffement climatique, une espèce de revue des publications les plus fines. 

S’ensuit une liste de solutions, dans le deuxième volet du rapport, attendu en février 2022. C’est cette partie qui s'est retrouvé dans une partie de la presse le 22 juin. Ces solutions servent d’argumentaires lors des négociations internationales, pendant les Conférences des parties (COP) notamment, mais les membres du Giec n’ont pas vocation à se positionner politiquement, seulement avancer des faits, des hypothèses, des scenarios éprouvés scientifiquement, pour limiter les dégâts des gaz à effets de serre.

À voir : COP et accords sur le climat, un long processus

Un résumé d’une trentaine de pages, à l’intention des décideurs, sera finalement publié en septembre 2022. 

Organisation hybride au service du consensus

Les scientifiques ne sont pas les seuls à valider le texte. Il est approuvé par les délégations des 195 pays membres de l’ONU, même si les chercheurs doivent garder le dernier mot. Les représentants des gouvernements prennent toutes les décisions lors de réunions plénières une à deux fois par an. En France, l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) se charge de cette responsabilité.

Le bureau du Giec est composé de 36 membres élus pour la rédaction d'un rapport, donc pour une durée de 5 à 7 ans. Hoesung Lee (République de Corée) préside l'organisme depuis 2015.

Entre science et politique, le Giec a une forme hybride. Créé en 1988 sous l’impulsion de la Première ministre britannique Margaret Thatcher et du président des États-Unis Ronald Reagan, après discussions avec les pays du G7, le groupement fait du consensus scientifique son unique objectif.

Adossé à l’Organisation météorologique mondiale (OMM), pas question de mettre en lumière des études teintées d’idéologies, s’il en est : les deux dirigeants libéraux redoutaient à l’époque que le groupement se retrouve constitué de militants écologistes. Si l’intention est douteuse, elle a un intérêt : les publications sont incontestables au moment des négociations internationales, parce que validées par les pays eux-mêmes. 

15 % de financement français

Pour le dernier rapport, 3 330 personnes (830 chercheurs, 2 500 experts et relecteurs) avaient collaboré... bénévolement. Les scientifiques ne sont pas payés par le Giec. Leur centre de recherche respectif s’en charge. Seuls les chercheurs des pays en voie de développement sont rémunérés par l’organisation. L’essentiel des dépenses sert à organiser des conférences. 

Les pays membres de l’ONU contribuent volontairement aux frais de l’organisme basé à Genève. Son budget annuel s’établit entre cinq et huit millions d’euros. Il a été largement amoindri quand Donald Trump est arrivé au pouvoir : en 2016, le président des États-Unis a coupé les deux millions d’euros de subventions annuelles au Giec. La France est venue à la rescousse quelques mois plus tard. Elle s’est engagée à verser un million d’euros chaque année jusqu’à la publication du sixième rapport. Sa part s’élève désormais à 15 % du budget du Giec.