Le paradoxe sur la tolérance aux inégalités (ou paradoxe de Tocqueville)

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Le paradoxe sur la tolérance aux inégalités (ou paradoxe de Tocqueville)

Plus un peuple voit sa situation s’améliorer et son bien-être augmenter, plus son pouvoir d’achat et son accès aux biens considérés comme la norme sociale augmentent. Bref, plus il tend ainsi vers l’égalité des conditions donc approche de son but, plus il est sensible à la distance (devenant insupportable) qui le sépare encore du but.

Le philosophe et homme politique français décrivait ainsi, au XIXe siècle, le paradoxe sur la tolérance aux inégalités : « Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l’œil, mais quand tout est à peu près de niveau, les moindres le blessent. C’est pour cela que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande », écrivait-il dans De la Démocratie en Amérique, en 1835.

Alexis de Tocqueville remarquait que la réduction constante des inégalités débouchait sur une hausse de la frustration et que celle-ci augmentait avec l’amélioration de la qualité de vie et l’élévation sociale. Il en résultait un recul du désir d’une société méritocratique dans laquelle l’inégalité doit être admise.

À lire C'est quoi les inégalités ?

L'évolution de la norme sociale en cause

Plus un peuple voit sa situation s’améliorer et son bien-être augmenter, plus son pouvoir d’achat et son accès aux biens considérés comme la norme sociale augmentent. Bref, plus il tend ainsi vers l’égalité des conditions donc approche de son but, plus il est sensible à la distance (devenant insupportable) qui le sépare encore du but.

Le mécontentement est alors permanent puisque l’amélioration de ses conditions objectives de vie devient de plus en plus ardue, tendant à créer des attentes toujours plus élevées et qui augmentent plus rapidement encore que l’amélioration de sa situation objective. Les citoyens se tournent alors vers l’État pour qu’il réponde à toutes leurs attentes.

Grâce aux impôts et aux prestations sociales, la France est le pays qui en fait le plus pour réduire les inégalités. Elle consacre près du tiers de son PIB à des dépenses sociales, bien plus que la moyenne de l’OCDE (20 %). Après redistribution (impôts et prestations), l’écart initial de revenus (de 1 à 8) passe à un écadrt de 1 à 3. Le niveau de vie moyen des 20 % les plus modestes est augmenté de 71 %, celui des 20 % les plus aisés diminue de 20 %. Et d’après l’Observatoire des inégalités, seuls 8 % de la population se situent au-dessus du seuil de richesse fixé à 3 500 euros mensuels (le double du niveau de vie médian).