L’effet boule de neige

Dico de l'éco

L’effet boule de neige

Pour déterminer si la dette est entrée dans cette dynamique, il faut considérer le solde structurel du budget, indépendant de la conjoncture, et la croissance à long terme du PIB.

L’image de la boule de neige qui dévale une pente et enfle considérablement décrit bien la dynamique de l’endettement croissant et auto-entretenu d’un État, lorsque le niveau du taux d’intérêt réel (son coût financier) est supérieur au taux de croissance économique, c’est-à-dire aux ressources nécessaires pour rembourser la dette. Le poids de celle-ci s’accroît alors inéluctablement, un cercle vicieux bien difficile à arrêter.

La dette représente le cumul des déficits passés. C’est un stock. Plus ce stock est important – c’est le cas dans de nombreux pays, y compris la France avec une dette à 100 % du PIB –, plus il risque d’inquiéter les créanciers soucieux de la solvabilité de l’État, notamment si la part du budget destinée au remboursement des intérêts est importante.

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Le danger est que les prêteurs demandent une « prime de risque », c’est-à-dire un taux d’intérêt plus élevé, pour compenser un éventuel défaut du pays sur sa dette. Si, dans le même temps, la croissance économique est insuffisante, la charge d’intérêts aggrave le déficit, ce qui nécessite un nouvel endettement et peut entraîner un dérapage incontrôlé de la dette.

Observer la croissance potentielle de l'économie

Pour stabiliser sa dette publique, l’État doit non seulement équilibrer son budget, mais aussi dégager un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts) qui dépend des rentrées fiscales. Ce qui nécessite souvent une politique économique plus « rigoureuse ». Si les mesures tardent, elles seront probablement plus douloureuses. Il est plus facile de stopper une petite boule de neige qu’une énorme avalanche.

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Toutefois, pour déterminer si la dette est entrée dans une réelle dynamique « boule de neige », il faut plutôt considérer le solde structurel du budget, indépendant de la conjoncture, et la croissance potentielle de l’économie, c’est-à-dire la croissance à long terme du PIB.