Mission locale

Dico de l'éco

Mission locale

Service public de proximité créé en 1982, les missions locales accompagnent des ados dans leur quête de travail, qu'ils soient déscolarisés ou diplômés de l’enseignement supérieur.

« 15 à 20 heures d'accompagnement par semaine », c'est la réponse du gouvernement à la précarité des jeunes qui s'installe après la pandémie. Dans une allocution sur Facebook mardi 2 novembre, Emmanuel Macron a annoncé le lancement du Contrat d'engagement jeune.  

Lire aussi > « Il n’y a pas de véritable politique de la jeunesse ». En France, les ratés d’un investissement d’avenir

Dédié aux 16-25 ans sans emploi ni formation, ce dispositif ressemble beaucoup à la Garantie jeune instauré sous François Hollande et en partie assuré par les missions locales. Nouvauté néanmoins, celles-ci seront désormais épaulées par Pôle Emploi, une application mobile facilitera le dialogue entre le bénéficiaire et tous les partenaires sociaux.

Le Contrat d'engagement jeune, c'est...

- pour les 16-25 ans sans emploi ni formation avec moins de 497,50 euros de ressources par mois,

- 15 à 20 heures d'accompagnement par semaine pour découvrir un métier, se former, trouver un apprentissage ou un emploi, pendant 12 à 18 mois, 

- une éventuelle allocation dégressive de 500 euros par mois selon l'évolution de la situation financière du jeune,

- un référent unique, rencontré tous les quinze jours minimum. 

Le dispositif concernerait 500 000 jeunes. Le gouvernement espère que 400 000 de ces contrats seront conclus en 2022.

1,1 million de jeunes reçoivent déjà une aide à l’insertion professionnelle auprès des 13 600 professionnels des missions locales. Ceux issus de milieux populaires représentent un tiers de leur clientèle, mais ils occupent deux tiers du temps des conseillers.

À lire : Danemark : un salaire étudiant, « utile pendant la crise sanitaire » pour éviter la précarité

Selon Philippe Bregeon, sociologue et auteur de Comprendre l’expérience du chômage et la rupture avec l’emploi, « on constate un glissement. Les jeunes de la classe moyenne sont de plus en plus fragilisés dans leur recherche d’emploi et rencontrent des problèmes sociaux ».

436 missions locales

Coordonnées à l’échelle de la région, 436 missions locales suivent des ados déscolarisés, comme des diplômés de l’enseignement supérieur, dans leur quête de travail. Les leviers ? L’emploi, la formation, l’orientation, la mobilité, le logement, la santé, l’accès à la culture et aux loisirs… dans une certaine limite, selon Philippe Bregeon.

La relation privilégiée avec un conseiller ne suffit pas, la mission doit fournir une offre d’insertion complète.
Philippe Bregeon

Sociologue et auteur de Comprendre l’expérience du chômage et la rupture avec l’emploi, (édition L’Harmattan).

« La relation privilégiée avec un conseiller ne suffit pas, la mission doit fournir une offre d’insertion complète, avec des formations professionnalisantes, un accès au logement, à la santé… Tout ce qui permet à un individu de devenir autonome. » Dans certains cas, les conseillers apportent leur aide pour constituer des dossiers pour des logements sociaux, ils ne disposent pas de places d’urgence.

Côté marché du travail, plusieurs parcours sont proposés, selon les profils. Après avoir fait connaissance avec le jeune et son histoire, les conseillers peuvent le mettre en relation avec une entreprise du territoire pour un stage rémunéré de six à huit mois ou un service civique.

Écoles de la deuxième chance

S’il a besoin de plus d’encadrement, il peut prétendre à une place au sein des 133 écoles de la deuxième chance. Il disposera alors du statut de « stagiaire de la formation professionnelle » et pourra toucher jusqu’à 300 euros par mois de la région. 

Autre option : l’orientation vers les Établissements publics d’insertion et de défense. Des militaires y encadrent des jeunes volontaires entre 18 et 22 ans lorsqu’ils se retrouvent en situation d’échec scolaire, sans emploi et en risque de marginalisation. Cette offre est difficile à lire, selon notre interlocuteur, spécialiste de l’insertion des populations précaires.

À lire : « Fuite des cerveaux » : la France condamnée à voir partir ses meilleurs talents ?

Elle est en outre largement standardisée : l’orientation du jeune repose de plus en plus sur des algorithmes. Le Contrat d'engagement jeune tente de revenir à la personnalisation de l'accompagnement, mais ne prévoit pas plus de personnel d'encadrement. 

Créées en 1982 sous la tutelle du ministère du Travail, les missions locales ont été pensées pour combattre le chômage de masse qui s’installait. Elles étaient vouées à disparaître rapidement, mais leur action est restée nécessaire. Selon l’Insee, 13,2 % des jeunes étaient inactifs, non scolarisés ou au chômage fin 2020, 0,5 point de plus qu’en 2019.