À la sortie du confinement, ses patrons de masques en tissu ont envahi la Toile et ont même atterri en couverture des journaux. L’Association française de normalisation préconisait aux amateurs de couture les meilleurs moyens de se protéger contre le coronavirus. La confiance, voilà ce que vend l’Afnor. Elle existe depuis 1926 et fut placée au départ sous la tutelle du ministère de l’Industrie.

La norme nous transforme

L’Afnor est notamment chargée d’apposer le sigle "NF" sur à peu près tout ce que l’on consomme en France. Cet acronyme assure “la conformité du produit aux réglementations françaises et internationales à des critères de qualité et de sécurité en fonction de la nature du produit”. Pour l’acquérir, chaque fabricant doit déposer un dossier auprès de la branche “Certifications” de l’Afnor, qui y apposera ou non le sigle. Management de projets d’économie circulaire, accessibilité des toilettes publiques… L’Afnor a publié 608 nouvelles normes en 2018. Pour prendre ces décisions, 22 bureaux se partagent des secteurs économiques tels que l’automobile, la céramique ou encore les normalisations bancaires.

En Chiffres

608

nouvelles normes ont vu le jour en 2018, de la sécurité des toboggans en plastique aux pictogrammes pour s’orienter dans les bâtiments.

Les certifications de l’Afnor sont attribuées par des représentants des entreprises, des consommateurs, des partenaires sociaux, des collectivités locales et des organisations non gouvernementales agréées, représentants des ministères, représentants élus du personnel Afnor. Les comités stratégiques sont néanmoins présidés par les représentants d’entreprise : Total pour “l’utilisation rationnelle de l’énergie” et le pétrole, Veolia pour le cycle de l’eau. À travers ces recommandations transparaissent des orientations politiques. Une norme ou un label certifiant une bonne qualité nutritive, des politiques d’entreprises sociales et responsables ou des produits respectueux de l’environnement permettent de faire évoluer les mentalités tant du côté du consommateur que de celui du fabricant.

La ronde des chiffres

Présidé par Marc Ventre, ancien directeur général du groupe industriel spécialisé dans l’aéronautique Safran, le conseil d’administration inclut 30 des représentants cités plus haut. L’Afnor a réalisé 2,6 millions d’euros de résultat net à travers 40 pays, pour 158,2 millions d’euros de chiffre d’affaires (et plus de 8 millions d’euros de subventions, en 2018). En 2018, ces revenus se répartissaient ainsi : 56 % pour la certification, 21 % pour l’édition, 14 % pour la normalisation et 9 % pour la formation. L’association emploie 1 250 personnes pour 77 000 clients. Chiffre : 608 nouvelles normes publiées en 2018, 1 328 révisées.

Ne pas confondre

Norme et label

La norme définit la conformité. Elle regroupe l’ensemble des règles techniques d’un produit ou d’un procédé. Elle est obligatoire, contrairement au label. Celui-ci garantit l’origine ou la qualité d’un produit, comme une marque. L’Afnor établit aussi des labels, notamment en matière de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).