Agence nationale de la recherche (ANR)

En théorie

Agence nationale de la recherche (ANR)

L’agence nationale de la recherche (ANR) est un organisme étatique de financement de l’innovation scientifique, sous tutelle du Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation (Mesri). Elle subventionne par projet mais ne contribue pas aux frais de fonctionnement des laboratoires. Les chercheurs se muent donc en spécialistes de la levée de fond pour assurer la pérennité de leur carrière. Economie, société, industrie, biologie, recherche fondamentale ou au contraire très concrète… 1 592 travaux ont été financés en 2019, derniers chiffres publiés. Ils s’inscrivent dans l’un des six thèmes déclarés “priorité nationale” cette même année, comme l’autisme, la résistance aux antimicrobiens ou l’intelligence artificielle. 

En 2020, un fonds d’urgence "Covid-19" a financé 108 projets sur 258 propositions, à hauteur de 19 millions d'euros mobilisés par le Mesri et à l’engagement de plusieurs fondations.

"Cette crise nous a mis à l’épreuve et, plus généralement, l’ensemble de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation", déclarait dans le dernier rapport d'activité Thierry Damerval. Président-directeur général de l’ANR, il a été nommé par le Président de la République sur proposition du ministre en 2017. Normalien, il est passé par le poste de directeur de cabinet du Mesri et directeur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. 

Avec ses 300 collaborateurs, il veille à ce que l’ANR développe des partenariats internationaux pour que la recherche française rayonne à travers le monde. L’agence promeut un accès libre aux travaux scientifiques (open source). Et, de plus en plus, l’ANR intensifie les liens entre la recherche publique et l’industrie. 

Une nécessaire remise à niveau financière

Depuis 2008, le budget de l'agence a fondu de 41%. En réponse à ce manquement, le président de la République, encore candidat, promettait le 3 avril 2017 “des moyens comparables à ceux des meilleures agences de financement de la recherche chez nos partenaires européens”. En effet, les scientifiques français peinent aujourd'hui à faire financer leurs travaux, bien plus que leurs collègues européens. L’ANR n’accorde des subventions qu’à un projet sur six (18,6% en 2019, 16,2% en 2018), contre plus d’un sur trois par son équivalent suisse (40%) ou allemand (35%).

Objectif à l'horizon 2027 : 30% de taux de succès des appels à projets. C'est inscrit dans la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) promulguée en décembre 2020. La LPPR prévoit d'augmenter d'un milliard d'euros le budget de l'ANR en six ans.

La LPPR engage le gouvernement à investir 3% du PIB dans la recherche (2,27% en 2018). Ce financement passe essentiellement par l’ANR, c’est-à-dire par des appels à projets. Mais les frais de fonctionnement des laboratoires, l’acquisition de matériel plus performant ou le recrutement de doctorants, eux, n'évoluent pas.

Comment pérenniser la recherche sur le long terme si la carrière d’un chercheur est soumise à sa capacité à lever des fonds pour des projets de court terme ? Les salaires dans la recherche publique doivent être revalorisés : "92 millions d'euros y seront consacrés dès 2021 et 92 millions d'euros de plus chaque année jusqu'en 2027". Aujourd’hui de l’ordre de 1,3 à 1,4 Smic pour un chargé de recherche ou un maître de conférence, le salaire passerait à 2 Smic. 

En 2019, l’agence a alloué 725 millions d’euros aux projets de recherche.

Pour 100€ investis, le ministère dépense 2,8€ pour l'ANR

La Recherche au service des jeux olympiques

L’ANR finance six projets qui visent à optimiser la sécurité pendant les Jeux Olympiques de 2024. Cofinancées par le service de sécurité du Premier ministre, pour un budget total de 2,8 millions d’euros, ces six solutions faciliteront la gestion des mouvements de foule, la surveillance de zones précises et les alertes et information fournies aux populations. Ces technologies devront être testées et industrialisées un an avant l'événement.