Agence nationale de la recherche (ANR)

En théorie

Agence nationale de la recherche (ANR)

L’agence nationale de la recherche (ANR) est un organisme étatique de financement de l’innovation scientifique, sous tutelle du Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation (Mesri). Elle subventionne par projet mais ne contribue pas aux frais de fonctionnement des laboratoires. Les chercheurs se muent donc en spécialistes de la levée de fond pour assurer la pérennité de leur carrière. Economie, société, industrie, biologie, recherche fondamentale ou au contraire très concrète… 1 471 travaux ont été financés en 2018. Ils s’inscrivent dans l’un des six thèmes déclarés “priorité nationale” cette même année, comme l’autisme, la résistance aux antimicrobiens ou l’intelligence artificielle. 

Le président-directeur général de l’ANR est nommé par le Président de la République sur proposition du ministre. Depuis 2017, le poste est occupé par Thierry Damerval, normalien, ancien directeur de cabinet du Mesri et ancien directeur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. 

Avec ses 300 collaborateurs, il veille à ce que l’ANR développe des partenariats internationaux pour que la recherche française rayonne à travers le monde. L’agence promeut un accès libre aux travaux scientifiques (open source). Et, de plus en plus, l’ANR intensifie les liens entre la recherche publique et l’industrie. 

Une nécessaire remise à niveau financière

Depuis 2008, le budget de l'agence a fondu de 41%. Les scientifiques français peinent à faire financer leurs travaux, bien plus que leurs collègues européens. L’ANR n’accorde de subvention qu’à un projet sur six (16,2%), contre plus d’un sur trois par son équivalent suisse (40%) ou allemand (35%). 

Le président de la République promettait le 3 avril 2017 “des moyens comparables à ceux des meilleures agences de financement de la recherche chez nos partenaires européens”. La future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) devrait traduire ces paroles en actes. Elle est attendue en Conseil des ministres au printemps 2020.

La future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) devrait engager le gouvernement à investir 3% du PIB dans la recherche (2,27% en 2018), selon les annonces d’Edouard Philippe en février 2019. Ce financement passerait essentiellement par l’ANR, c’est-à-dire par des appels à projets. Mais les frais de fonctionnement des laboratoires, l’acquisition de matériel plus performant ou le recrutement de doctorants, eux, ne devraient pas évoluer. Comment pérenniser la recherche sur le long terme si la carrière d’un chercheur est soumise à sa capacité à lever des fonds pour des projets de court terme ? A l’embauche, les salaires dans la recherche publique seraient néanmoins revalorisés. Aujourd’hui de l’ordre de 1,3 à 1,4 Smic pour un chargé de recherche ou un maître de conférence, ils passeraient à 2 Smic. Un effort de 26 millions d’euros pour l’Etat, en plus des primes promises à l’ensemble du personnel pour 92 millions.

Pour l’instant, l’agence alloue 708,3 millions d’euros aux projets de recherche ce qui représente 2,8% du budget du Mesri. Le rapporteur du projet de loi de finances au Sénat estime qu’un milliard d’euros serait nécessaire pour égaler les pays transfrontaliers.

Pour 100€ investis, le ministère dépense 2,8€ pour l'ANR

La Recherche au service des jeux olympiques

L’ANR finance six projets qui visent à optimiser la sécurité pendant les Jeux Olympiques de 2024. Cofinancées par le service de sécurité du Premier ministre, pour un budget total de 2,8 millions d’euros, ces six solutions faciliteront la gestion des mouvements de foule, la surveillance de zones précises et les alertes et information fournies aux populations. Ces technologies devront être testées et industrialisées un an avant l'événement.