Le gouvernement entend reprendre le pouvoir sur cette complémentaire retraite d'ici 2022. Pourtant, l'Agirc-Arrco a initié les prémices de l'actuelle réforme des retraites. Depuis 2019, sous la forme d'une association, les deux caisses fusionnées de l’Agirc (association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres) et d’Arrco (association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) gèrent les retraites de tous les salariés du privé. Ils dépendent déjà d'un système de retraite à point. En plus de la pension du régime général de l’assurance vieillesse, les anciens salariés du privé touchent une retraite complémentaire.

12,6 millions de retraités affiliés à ce régime

Ils reçoivent tous les mois une pension. En fonction de la profession ou de l'entreprise, chaque retraité dépend de l’une des 45 caisses de retraite d’Agirc-Arrco (qui font aussi office de mutuelle). Le versement de ces pensions provient directement des cotisations obligatoires des 18,4 millions de salariés du privé. Ce système de retraite à points par répartition pèse 79 milliards d’euros.

Pour partir à la retraite, le futur ex-employé peut se renseigner auprès du Centre d’informations et de conseils (Cicas) de son département. Il doit ensuite envoyer une demande quatre à six mois avant la date de départ souhaitée, à l’une des 400 permanences réparties sur le territoire. Sa situation est analysée par l’un des 13 000 salariés d’Agric-Arrco.

Ce qu’il touchera est le résultat de l’entente entre les partenaires sociaux. A leurs têtes, Jean-Claude Barboul, ancien secrétaire général de la CFDT Cadres, est président du collège salarial. Didier Weckner, membre du Medef, directeur général délégué d’AXA France, préside le collège patronal. Ensemble, ils décident des grandes orientations pour équilibrer les comptes. Par exemple, pour réduire le déficit du résultat net global de 2018 (-1427 millions d’euros), un système de bonus-malus a été mis en place en 2019. Il pénalise ceux qui partent trop tôt à la retraite et gratifie ceux qui partent plus tard. La moyenne des pensions versées par l'association varie entre 7 975 euros par an pour les hommes et 3 484 euros pour les femmes.

Recadrée par la Cour des comptes

L’action d’Agirc-Arcco ne s’arrête pas aux retraites. L’organisme détient aujourd’hui 64 établissements dédiés au troisième âge et au handicap. Le budget de cette activité est chiffré à hauteur de 338 millions d’euros. Des ressources que la Cour des comptes jugeait il y a un an “surdimensionnées” et dont les frais de gestion seraient “disproportionnés”. Elle plaide pour le “repositionnement de l’action sociale” d’Agirc-Arrco. Cela n'a pas été suivi d'effet sur la gestion de l’association. Au total, tous les bénéficiaires d'Agirc-Arrco représenteraient environ 80 % de la population française, soit 53 millions de personnes.