L’aléa moral (ou risque moral) est une notion qui pose le problème de l’opposition possible entre l’intérêt individuel et l’intérêt collectif. Ce phénomène, déjà étudié par l’Écossais Adam Smith, est défini comme « la maximisation de l’intérêt individuel sans prise en compte des conséquences défavorables de la décision sur l’utilité collective ».

Le problème se rencontre notamment dans le domaine des assurances : après avoir souscrit un contrat d’assurance santé, par exemple, une personne, désormais assurée, pourrait envisager de prendre des risques pour sa santé plus facilement. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle ne serait plus la seule à en subir le coût ! Le problème, c’est que les comportements à risques (alcool, tabac) conduisent à augmenter les coûts de santé pour la collectivité.

Où retrouve-t-on ce phénomène ? Le domaine de la santé n’est pas le seul concerné. Parce qu’il se sent à l’abri du risque, un acteur pourra, au nom de la maximisation de son intérêt individuel, faire des choix déraisonnables et dangereux pour la collectivité. Par exemple, lors de la crise des subprimes, il a été reproché à certaines banques d’avoir pris des risques excessifs en achetant des produits financiers. En finance, la prise de risques est bien rémunérée, donc alléchante. Et, en cas de revers de fortune, les banques savent que les États ou les banques centrales interviendront pour les secourir, tout simplement parce qu’il faut absolument maintenir la confiance dans le système financier. Les banques sont toujours indispensables au financement de l’économie et plus les banques sont grosses, plus leur faillite mettrait en péril le système financier dans son ensemble. Il faudra donc éviter cette faillite à tout prix. On a même souvent dit des grandes banques qu’elles étaient too big to fail, trop grosses pour chuter !

Les contribuables se sont alors plaints de ce que l’on assurait ainsi les banques, quand tout va mal, d’une mutualisation des pertes. Alors que les périodes fastes, elles, n’avaient pas toujours donné lieu à une mutualisation des bénéfices !