Banque européenne d'investissement (BEI)

En théorie

Banque européenne d'investissement (BEI)

Créée en 1959, la Banque européenne d’investissement (BEI) a joué un rôle important dans le développement des économies libérales. Jusqu’à maintenant, sa principale mission consistait à soutenir l’emploi et la croissance. Mais Ursula von der Layen entérine sa mutation. Arrivée à la tête de la Commission Européenne en décembre 2019, elle déploie en ce moment son Green Deal pour une neutralité carbone d’ici 2050. L’Union européenne va dans ce cadre allouer 30 milliards d’euros par an à la BEI pour “décarboner”. C’est plus d’un quart des 100 milliards d’euros promis dans le Green Deal. A cette occasion, la BEI est appelée à devenir la Banque Européenne du Climat. 

Alors qu’elle attribuait 30% de son budget à des projets (publics ou privés) liés à l’environnement, la future banque européenne du Climat y consacrera 50% de ses fonds. D'ici 2022, elle va progressivement arrêter de prêter de l’argent pour des projets de déploiement des énergies fossiles. Même si ses investissements dans ce secteur diminuaient depuis plusieurs années, la banque a continué à financer des infrastructures liés au gaz à hauteur de 2,5 milliards d'euros en 2018 (4% du montant prêté annuellement).

En Chiffres

63,3

milliards d’euros prêtés par la BEI en 2019.

Basée au Luxembourg, la BEI, future banque européenne du climat, est dirigée depuis 2012 par un président, le libéral-démocrate allemand Werner Hoyer. Les 27 ministres des Finances au sein de l’Union européenne constituent le Conseil des gouverneurs. Ils définissent ensemble les orientations de la politique de crédit notamment. En 2019, les 2 900 employés ont encadré le financement d’un millier de projets.

Avec sa notation AAA sur les marchés de capitaux, signe d’une qualité de crédit la plus élevée, la banque accède à des conditions avantageuses dont profitent à leur tour ses bénéficiaires. Raison pour laquelle son capital souscrit atteint aujourd’hui 243 milliards d’euros. Elle prend en charge 50% des coûts d’un projet, auxquels se greffent ensuite d’autres investisseurs (privés ou publics). La banque conseille et assiste par ailleurs les porteurs de projets pour assurer l’efficacité de ses investissements. 

Son action s’étend aussi au delà des frontières européennes. 12% du budget de la banque est consacré au développement économique de projets à l’étranger. Cet investissement n’est cependant pas soumis à l’application de ses engagements politiques notamment en matière de transition écologique.

La France, premier actionnaire de la BEI

La France détient 16,11% des parts de la BEI, ex-aequo avec l’Allemagne et l’Italie. Elle a versé 47 milliards d’euros versés depuis 1959. Le poids économique de chaque État au moment de son entrée dans l’UE a déterminé sa participation pécuniaire. L’institution rend néanmoins la monnaie de leur pièce à ses actionnaires : chaque Etat peut bénéficier de prêts et de garanties jusqu’à 2,5 fois le montant investi. En 2019, sur les 63,3 milliards d’euros prêtés par la BEI, 6,93 milliards d’euros ont été attribué à une centaine de projets français, dont près de la moitié pour des actions de lutte contre le réchauffement climatique.