La Banque mondiale est le premier prêteur d’argent public au monde : entre juin 2018 et juin 2019, 12 000 projets sont financés pour un budget total de 62,3 milliards de dollars.

L’institution bancaire, agence de l’Organisation mondiale des Nations, se définit comme une “coopérative aux 189 actionnaires”, correspondant aux 189 pays membres. Les ministres des Finances, parfois les ministres du développement, gouvernent la structure aux côtés d’un président, l’Américain David Malpass.

Les pays membres les plus riches apportent aussi des fonds dans le cadre des “quotes-parts”. La Banque mondiale emprunte aussi de l’argent sur les marchés financiers mondiaux. L’institution finance ensuite les pays en voie de développement ou des entreprises privées (via la Société financière internationale) à des taux préférentiels et parfois à taux 0.

Priorités : lutte contre la pauvreté et croissance

La Banque mondiale, créée en 1944 lors de la conférence Bretton Woods, a d’abord eu comme mission unique de soutenir le développement économique des pays. Son premier prêt a été accordé à la France d’après-guerre : 250 millions de dollars en mai 1947. Depuis, elle a levé près de 900 milliards de dollars.

Depuis 1970, l’institution lutte aussi contre la pauvreté, avec deux objectifs principaux :

  • réduire d’ici 2030 à moins de 3% la population vivant dans l'extrême pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1,9$ par jour ;
  • favoriser la croissance du revenu des 40 % les plus pauvres.

Comment ça marche ?

On nomme souvent par abus de langage Banque mondiale ce qui est en réalité une de ses composantes : la BIRD, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Dans les faits, le “Groupe Banque Mondiale” englobe aussi :

  • l’Association internationale de développement,
  • la Société financière internationale,
  • l'Agence multilatérale de garantie des investissements,
  • le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements.

A elles cinq, ces institutions couvrent l’ensemble des étapes d’un financement : du conseil de gestion aux États jusqu’à l’assurance des risques pour les investisseurs.

La Banque mondiale est parfois critiquée. Ses décisions sont majoritairement actées par les pays développés (30% des voix reviennent aux Etats-Unis et à l’Union Européenne). En contrepartie des financements des projets, ils peuvent imposer des réformes jugées libérales.

Banque Mondiale et écologie

Lors de la COP 24, la Banque mondiale a annoncé doubler ses financements pour le climat. Entre 2021 et 2025, 200 milliards de dollars seront dirigés vers l’“adaptation” à la montée des eaux notamment. La Banque Mondiale protège ainsi les 143 millions futurs réfugiés climatiques d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Amérique latine.