Théorie des « capabilités »

Pour l'économiste Amartya Sen, les inégalités entre les individus ne s’apprécient pas au regard de leurs seules dotations en ressources mais de leurs capacités à les convertir en libertés réelles. Il introduit ainsi la notion de « capabilités » (ou « libertés substantielles », qui invite à considérer la pauvreté au-delà des seuls aspects monétaires et à la penser en termes de libertés d’action, de capacités à faire.

Pour Sen, les inégalités entre les individus ne s’apprécient pas au regard de leurs seules dotations en ressources mais de leurs capacités à les convertir en libertés réelles. Il défend l’idée que les gouvernements devraient faire attention à la « capabilité » concrète des citoyens. Il cherche ainsi à ce que soit assurée non plus simplement l’égalité des moyens, mais l’égalité des possibilités effectives d’accomplir des actes. Par exemple, il ne juge pas satisfaisant l'assurance du droit de vote (potentiel). Sen s'intéresse à la capacité effective des citoyens de voter, et pour cela ils doivent d'abord avoir accès à l’éducation (fonctionnements larges) ou pouvoir se déplacer jusqu’au bureau de vote (fonctionnements spécifiques).
Dans son ouvrage Un nouveau modèle économique. Développement, Justice, Liberté (2000), Sen soutient la thèse selon laquelle il n’y a de développement que par et pour la liberté. La tyrannie, l’absence d’opportunités économiques, l’inexistence des services publics, l’intolérance sont autant d’entraves à la liberté. Le marché est nécessaire : son absence serait le déni d’une liberté fondamentale, l’échange de biens.
Sa théorie a toutefois fait l’objet de critiques, notamment car elle ne propose aucune liste des « capabilités » de base.