Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI)

En théorie

Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI)

Ce bureau du ministère des Finances a pour mission de protéger les entreprises françaises.

Le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), sous la direction générale du Trésor, agit auprès des sociétés françaises de plus de 400 salariés en difficulté. Son ancêtre, le Comité interministériel pour l’aménagement des structures industrielles (CIASI), était né en 1974 sous le gouvernement Jacques Chirac. 

Pour les plus petites entreprises, le CIRI dispose de Comités départementaux d’examen des problèmes de financement des entreprises (Codefi), sous l’autorité des préfets, agissant avec l’aide de 22 commissaires.

Commerce de détail et tertiaire

Avec la crise, le CIRI a vu son effectif passer de cinq rapporteurs ingénieurs et juristes (venant du public et du privé) à huit. En 2018, dernier rapport d’activité en date, le CIRI se targuait d’avoir sauvé 40 746 emplois (dans 42 entreprises). 

2020 est une année forcément atypique avec 50 nouveaux dossiers début novembre.

Louis Margueritte

dernières informations confiées par le secrétaire général.

Les secteurs touchés ont changé à travers les époques. Au début des années 2000, l’industrie représentait la quasi-totalité des saisines. Aujourd’hui, c’est plutôt le commerce de détail et le secteur tertiaire (services). Le coronavirus, lui, aura fragilisé des secteurs qui se portaient pourtant bien, comme le tourisme et le transport.

L’affaire Conforama

"Les repreneurs existent, même en temps de crise, rassure Louis Margueritte, la preuve avec le rachat de Conforama par But. Notre action y était confidentielle, mais tout le monde sait maintenant que nous avons travaillé sur ce dossier." Le groupe sud-africain Steinhoff a annoncé, en juillet, la cession totale de Conforama France à Mobilux, propriétaire notamment de But. Les 200 millions d’euros de capital apportés par le repreneur n’ont pas suffi à éviter les licenciements. Le CIRI a participé à ces négociations et accordé un Prêt garanti par l’État (PGE) de 300 millions d’euros, notamment pour financer le Plan de sauvegarde de l’emploi lancé en juillet 2019 et portant sur 1 905 des 9 000 salariés (20 %).

Élie Cohen, économiste et directeur de recherche au CNRS, relativise pour sa part l’utilité du CIRI : “Il a permis en apparence de régler de manière efficace des problèmes de financement, de reprise, de rationalisation industrielle. En réalité, il a géré sans drames sociaux la première grande vague de désindustrialisation en France […] Le moment CIRI est celui où l’activisme des pouvoirs publics est à son apogée, il annonce la grande transformation de l’économie française et du capital national.”

À lire : "L’Industrie du point de vue du mixxnistre et du point de vue de l’entrepreneur", Arnaud Montebourg, École de Paris du management, 15 mai 2020

Le CIRI en bref :

Organisation : sous la direction générale du Trésor

Secrétaire général : Louis Margueritte

Salariés : 8