Cette courbe publiée en 2012 par Branko Milanovic, économiste serbo-américain, et saluée, en 2014, comme le meilleur graphique de l’année par Paul Krugman (New York Times), décrit la distribution des revenus mondiaux (des 5 % les plus pauvres au 1 % les plus riches) entre 1988 et 2008, quand la mondialisation a décollé. Elle évoque la forme d’un éléphant relevant sa trompe et permet de répondre, en partie, à la question de savoir qui a gagné et qui a perdu dans la mondialisation.

On constate que les 5 % les plus pauvres n’ont pas amélioré leur situation. Leur revenu a augmenté, mais moins que le revenu global moyen. Parmi les perdants, se trouvent aussi ceux dont les revenus sont situés entre le 80e et le 95e percentile, à la base de la trompe. Ce sont les classes moyennes et populaires des pays avancés selon Milanović, qui parle de « vallée du découragement ».

Les grands gagnants sont le 1 % regroupant les plus riches de la planète, dont les revenus augmentent de 65 % sur la période. Le tiers du milieu de la courbe, qui correspond aux populations des pays émergents, s’est aussi enrichi. La mondialisation leur a permis de sortir de la pauvreté. Ce graphique montre que les inégalités de revenus ont été accentuées par la mondialisation. Une situation qui pourrait expliquer le développement du populisme et du protectionnisme.

Branko Milanovic explique sa courbe et son impact dans l'économie réelle