Théorisée par Joseph Schumpeter, la destruction créatrice est un processus de disparition d’activités productives obsolètes qui sont remplacées par des activités nouvelles du fait des innovations réalisées par l’entrepreneur innovateur. Celui-ci est une sorte de « capital-risqueur » dont la prise de risques, récompensée par le profit, lui donne un rôle central dans cette dynamique. Les grappes d’innovations, discontinues et interdépendantes, bouleversent les méthodes de production, l’organisation du travail, les spécialisations, les produits et les marchés. Elles révolutionnent l’économie et la société par leurs impacts à la fois destructeurs et créateurs d’activités et d’emplois.

Toutefois (à l’instar de Karl Marx, mais pas pour les mêmes raisons), l’entrepreneur et le capitalisme sont condamnés en raison du développement de grandes entreprises dirigées par des gestionnaires et non plus par des « entrepreneurs innovateurs ».

En raison aussi de la routine, de la bureaucratisation managériale, de la salarisation de la re-cherche… La concurrence et la mondialisation redistribuent les cartes économiques et sociales et remettent en permanence en cause les situations acquises. L’hostilité grandissante de la population à l’égard de l’esprit d’entreprise, de l’argent et des progrès « destructeurs » finit par affaiblir le système capitaliste et par briser sa dynamique.