Les décisions des particuliers, des ménages et des entreprises en matière de consommation, de production et d’investissement ont souvent des répercussions pour des personnes qui ne participent pas directement à la transaction. Parfois, ces effets indirects sont négligeables, mais ils peuvent aussi être sensibles au point de devenir problématiques : ils constituent alors ce que les économistes appellent des externalités.

Elle sont négatives ou positives

Dans le cas de la pollution, exemple classique d’externalité négative, le pollueur ne s’intéresse qu’au coût direct de la production et au profit qu’il peut en tirer sans toujours se soucier des coûts indirects pour ceux qui subissent la pollution. Le coût social, c’est-à-dire le coût total de la production, est donc plus élevé que le coût privé. Quand les externalités sont négatives, le coût privé est inférieur au coût social. Il existe aussi des externalités positives, qui concernent l’écart entre le gain privé et le gain social. Par exemple, les activités de recherche et développement (R&D) ont des effets positifs dont le producteur – la société qui finance les recherches – n’est pas le seul à bénéficier. En effet, la recherche ajoute à la somme globale des connaissances et contribue ainsi à d’autres avancées. En cas d’externalité positive, le gain privé est donc inférieur au gain social.

Une nécessaire intervention de l’État

Les économistes néoclassiques reconnaissent que les inefficiences liées aux externalités techniques constituent une forme de « défaillance du marché » ; autrement dit, la prise de décisions sur le marché privé n’est pas efficace du point de vue du bien-être global de la société. Les économistes recommandent aux pouvoirs publics d’intervenir pour corriger les effets des externalités. Mais les débats portent sur la façon d’intervenir. Faut-il taxer les activités à l’origine d’effets externes négatifs ? Faut-il les interdire ? Faut-il créer un marché et des droits de propriété (gaz à effets de serre)? Faut-il subventionner les activités à l’origine d’effets externes positifs ? La question est donc savoir comment internaliser, par les agents privés, ces effets externes pour limiter ceux à l’origine d’effets négatifs et pour favoriser ceux à effets externes positifs.