Ce terme décrit le processus de transformation de quartiers populaires sous l’effet de l’installation de catégories sociales plus favorisées. Dès l’origine, le terme « gentrification » revêt une connotation négative. Le mot a été inventé en 1964 par la sociologue marxiste Ruth Glass à partir du terme anglais « gentry », qui désigne de façon ironique la bonne société, les gens « bien nés ». À l’époque, elle crée le concept pour décrire le changement de population dans des quartiers londoniens où les ménages aisés remplacent peu à peu les ménages populaires.

Dans les années 1970 et 1980, des géographes anglais et américains reprennent l’expression pour la théoriser. D’intenses débats opposent entre eux les géographes sur les causes de ce phénomène. Certains soutiennent que la gentrification est d’abord le fruit de politiques publiques de rénovation des quartiers populaires centraux. Pour d’autres, le facteur décisif est le choix individuel audacieux de certains ménages plus aisés qui décident par eux-mêmes d’emménager dans ces quartiers.

« Depuis, ces deux théories ont été combinées puisque les deux facteurs participent au processus de gentrification », explique Charlotte Recoquillon, de l’Institut français de géopolitique. À noter que le terme « gentrification » a en partie perdu sa dimension critique dans le monde anglo-saxon, où il est souvent utilisé comme synonyme de réhabilitation urbaine.