Service public de proximité créé en 1982, les missions locales accompagnent des ados dans leur quête de travail, qu'ils soient déscolarisés ou diplômés de l’enseignement supérieur.

L’année scolaire touche bientôt à sa fin, il est temps pour les jeunes de penser à leur entrée sur le marché du travail. Mais avec le Covid qui n’en finit pas, difficile d’entrevoir le bout du tunnel. Depuis novembre 2020, le plan « 1 Jeune, 1 solution » du gouvernement prévoit « un accompagnement vers l’emploi et une rémunération pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois s’il en a besoin ». Les missions locales sont les interlocuteurs des moins de 25 ans.

Chaque année, 1,1 million de jeunes y reçoivent une aide à l’insertion professionnelle auprès de 13 600 professionnels. Les jeunes de milieux populaires représentent un tiers de leur clientèle, mais ils occupent deux tiers du temps des conseillers.

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Selon Philippe Bregeon, sociologue et auteur de Comprendre l’expérience du chômage et la rupture avec l’emploi, « on constate un glissement. Les jeunes de la classe moyenne sont de plus en plus fragilisés dans leur recherche d’emploi et rencontrent des problèmes sociaux ».

436 missions locales

Coordonnées à l’échelle de la région, 436 missions locales suivent des ados déscolarisés, comme des diplômés de l’enseignement supérieur, dans leur quête de travail. Les leviers ? L’emploi, la formation, l’orientation, la mobilité, le logement, la santé, l’accès à la culture et aux loisirs… dans une certaine limite, selon Philippe Bregeon.

La relation privilégiée avec un conseiller ne suffit pas, la mission doit fournir une offre d’insertion complète.

Philippe Bregeon

Sociologue et auteur de Comprendre l’expérience du chômage et la rupture avec l’emploi, (édition L’Harmattan).

« La relation privilégiée avec un conseiller ne suffit pas, la mission doit fournir une offre d’insertion complète, avec des formations professionnalisantes, un accès au logement, à la santé… Tout ce qui permet à un individu de devenir autonome. » Dans certains cas, les conseillers apportent leur aide pour constituer des dossiers pour des logements sociaux, ils ne disposent pas de places d’urgence.

Côté marché du travail, plusieurs parcours sont proposés, selon les profils. Après avoir fait connaissance avec le jeune et son histoire, les conseillers peuvent le mettre en relation avec une entreprise du territoire pour un stage rémunéré de six à huit mois ou un service civique.

Écoles de la deuxième chance

S’il a besoin de plus d’encadrement, il peut prétendre à une place au sein des 133 écoles de la deuxième chance. Il disposera alors du statut de « stagiaire de la formation professionnelle » et pourra toucher jusqu’à 300 euros par mois de la région.

Autre option : l’orientation vers les Établissements publics d’insertion et de défense. Des militaires y encadrent des jeunes volontaires entre 18 et 22 ans lorsqu’ils se retrouvent en situation d’échec scolaire, sans emploi et en risque de marginalisation. Cette offre est difficile à lire, selon notre interlocuteur, spécialiste de l’insertion des populations précaires.

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Elle est en outre largement standardisée : l’orientation du jeune repose de plus en plus sur des algorithmes. Créées en 1982 sous la tutelle du ministère du Travail, les missions locales ont été pensées pour combattre le chômage de masse qui s’installait. Elles étaient vouées à disparaître rapidement, mais leur action est restée nécessaire. Selon l’Insee, 13,2 % des jeunes étaient inactifs, non scolarisés ou au chômage fin 2020, 0,5 point de plus qu’en 2019.