Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique en août 2018 annonçait : "Je quitte le gouvernement…, je ne suis plus libre, les lobbies sont là. » "Lobby" est un terme anglais apparu au XIXe siècle, signifiant "couloir" et désignant la salle des pas perdus de la Chambre des communes britannique où les parlementaires rencontraient des groupes d’intérêt privés, de ce fait surnommés "lobbyistes".

Ce ne sont pas des sociétés secrètes, mais des groupes de pression chargés d’influencer les décisions politiques pour faire valoir la cause d’entreprises privées ou publiques, d’associations ou de syndicats. Ce sont des professionnels de l’influence, des experts opérant en amont des débats parlementaires. Certains secteurs à enjeux commerciaux et financiers considérables sont particulièrement agissants, comme l’agriculture, l’environnement, la finance, l’énergie ou la santé.

C’est l’économiste américain de l’École de Chicago George Stigler (prix Nobel 1982) qui, dans sa Théorie de la régulation économique, reconsidère "l’idée d’un État impartial régulant impartialement l’économie au profit du bien commun". Il explique "qu’en règle générale, la régulation économique est capturée par des secteurs et élaborée à leur seul profit". Cette capture de la décision publique – du "régulateur" – est très organisée et n’implique pas forcément un rapport de force. La proximité entre intérêts privés et décideurs publics est organisée au moyen de démarchages, communications, rapports, conseils…

Depuis 2017, les lobbyistes souhaitant circuler dans les "couloirs" du Parlement français doivent obligatoirement s’inscrire sur un registre et il leur est interdit de rémunérer les collaborateurs parlementaires. Toutefois, les restaurants et cafés – dont la fameuse brasserie Le Bourbon, proche de l’Assemblée – sont aussi connus pour être des lieux de rencontre. À Bruxelles, ils sont entre 20 000 et 30 000 à se répartir les missions selon les législations européennes ou nationales.

Les lobbyistes estiment permettre à divers groupes de citoyens de faire entendre leur voix. En revanche, leurs détracteurs rappellent que le poids des grands groupes leur confère une immense influence et que la démocratie n’y gagne pas en transparence.