Un modèle méritocratique est un principe ou un idéal d’organisation sociale qui tend à promouvoir les individus – dans différents corps sociaux (école, université, grandes écoles, institutions civiles ou militaires, monde du travail, administrations, etc.) – en fonction de leur mérite (aptitude, travail, efforts, compétences, intelligence, vertus) et pas selon leur origine sociale (comme dans un système de classes), leur richesse (reproduction sociale) ou leurs relations individuelles (système de népotisme).

QUELLE EST L’ORIGINE DE CETTE NOTION ? 

Le terme a été forgé par le sociologue britannique Michael Young (1915-2002), au milieu du XXe siècle. Notre rapport au mérite, sur un plan politique, est lié à l’héritage de la Révolution française.

C’est un principe de légitimation qu’il a été nécessaire de mettre en avant pour justifier la fin des privilèges féodaux et soutenir l’essor politique et économique de la bourgeoisie.

Ce principe affirme qu’il existe une égalité en droit des individus et que la réussite ne peut être déterminée par la naissance, mais par les efforts de chacun.

Ainsi, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 affirme que « tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».

ET EN FRANCE ? 

La reconnaissance du mérite individuel reste très corrélée à l’origine sociale. On tente aujourd’hui de faire émerger les talents par des politiques incitatives fortes. C’est l’objet des contrats pédagogiques liant certains lycées de banlieue à des IEP (Institut d’études politiques), cherchant à promouvoir, en fonction de leurs mérites, des élèves qui, spontanément, n’auraient pas envisagé de telles études.

Mais la mobilité sociale est limitée : en 2009, seuls 18 % des enfants de salariés connaissent une trajectoire sociale ascendante d’ampleur les faisant accéder à un emploi de cadre supérieur alors que leurs parents étaient employés ou ouvriers.