Les investisseurs sont toujours confiants en l’avenir, ils anticipent des profits élevés tirés des futures innovations issues de nouvelles technologies prometteuses. Les banques aussi, qui accordent facilement des crédits sans trop s’inquiéter des risques de défaut des emprunteurs. La confiance engendre l’endettement, puis le surendettement et la prise de risques excessifs. C’est le paradoxe de la « tranquillité ».

Celle-ci ne dure pas, car l’inflation se développe, portée par une demande, toujours plus solvabilisée, qui ne cesse d’augmenter. Bien sûr, la Banque centrale veille… et durcit sa politique monétaire. La hausse des taux d’intérêt fragilise la situation des emprunteurs et les charges d’intérêt deviennent plus difficiles à assurer. Il faut alors vendre des actifs réels et financiers pour se désendetter. C’est le « moment de Minsky », la fin de la « tranquillité ».

Une spirale infernale s’enclenche : la vente des actifs fait baisser leurs prix. Plus les actifs sont bradés, plus la dette pèse lourd dans l’économie. C’est la déflation par la dette (Irving Fisher, 1867-1947). Les marchés s’effondrent. La défiance est là. Seule solution pour sortir de cet engrenage : l’intervention de la Banque centrale comme prêteur de dernier ressort, pour alimenter les marchés en liquidités et enrayer la déflation. On retrouve ce paradoxe dans la crise de 2008.