Ce qui se passe entre la Chine et les États-Unis a l’apparence d’un bras de fer commercial. Dans la réalité, il s‘agit d’une vraie guerre économique dont l’enjeu est la domination mondiale dans plusieurs domaines technologiques, parmi lesquels les infrastructures de la 5G, mais aussi les outils de l’Intelligence artificielle. Le choc entre les deux géants fait des perdants et des gagnants à travers la planète. Mais cet affrontement est soigneusement dosé parce qu’en matière d’industrie, de matières premières, de dette, de soft power, les adversaires obstinés sont aussi des partenaires obligés. 

Plus proche de nous, le protectionnisme met aussi en danger le libre-échange. Les Britanniques et leur Brexit participent à ce climat ambiant de défiance et de repli. La croissance de l'économie mondiale risque d'en souffrir. Après la crise de la Covid-19 et une baisse historique des échanges planétaires (-18,5% par rapport au second trimestre de 2019), ces questions sont d'autant plus d'actualité. A quel point protéger ses industries, ses producteurs, son marché du travail ? Et quelles conséquences pour les consommateurs ou les citoyens du monde ? 

En Chiffres

13,5%

taux moyen de droits de douane par la Corée du Sud en 2016 aux importations de ses partenaires de l'OMC. En Australie, ce taux n'était que de 2,5%.

Une tentation protectionniste renaît aux États-Unis. Je souhaite qu’on défende le libre et juste commerce. Le protectionnisme est une erreur, c’est le frère jumeau du nationalisme et cela conduit à la guerre.

Emmanuel Macron

Entretien au quotidien Sud-Ouest, juillet 2017

Le "protectionnisme éducateur"

Frederich List

Economiste allemand du XIXe siècle, qui promeut un protectionnisme pour les industries naissantes, et un libre échange pour des nations aux économies comparables. Selon lui, il s'agit de protéger sur le moyen terme le marché national afin de permettre sur le long terme un libre-échange qui ne soit pas à sens unique.