La redistribution des revenus est une politique qui vise à réduire les inégalités de revenus à travers des mécanismes de transferts sociaux (prestation, allocation...). Son objectif est de réduire les écarts de revenu entre les ménages d'une même société.

Le système français est organisé selon deux logiques : la logique bismarckienne de l’assurance et la logique beveridgienne de l’assistance.

L’assurance fonctionne selon le principe de la mutualisation des risques. Les assurés sociaux cotisent au préalable sur leurs revenus du travail essentiellement, et ce sont leurs cotisations, ainsi que celles de leurs employeurs, qui ouvrent leurs droits à recevoir des prestations, c’est-à-dire à percevoir des revenus de transfert en cas de réalisation des risques sociaux. Ces risques sociaux sont des situations se traduisant par une baisse ou une perte de revenus ou encore une hausse des dépenses, comme la maladie, la vieillesse, ou encore le chômage…

L’assistance, elle, repose sur le besoin, sur la pauvreté. Les prestations ne sont pas contributives, elles sont financées par les impôts et versées sans contrepartie préalable des bénéficiaires. Tous ceux qui répondent aux critères d’éligibilité recevront des aides, comme le RSA (Revenu de solidarité active) qui est le minimum social le plus connu et qui permet la satisfaction basique des besoins vitaux. En France, l’État-providence couvre quasiment toutes les situations sociales.

Quel est l’impact de la redistribution en France ?

Pour mesurer l’effet des prélèvements directs et des prestations sociales sur la répartition des richesses, le revenu des ménages est comparé avant et après redistribution monétaire.

En 2017, avant redistribution, le niveau de vie moyen des 20 % de personnes les plus aisées est 8,4 fois supérieur au niveau de vie moyen des 20 % de personnes les plus modestes. Après redistribution, ce rapport est de 3,9 : le niveau de vie moyen des 20 % de personnes les plus modestes a augmenté de 72 % et celui des 20 % les plus aisées a diminué de 20 %. Les prestations sociales réduisent le nombre de personnes pauvres en France de 13,7 à 8,7 millions de personnes. Sans elles, 22 % de la population vivraient sous le seuil de pauvreté, contre 14 % après redistribution.

Comment ça fonctionne concrètement ?

Avant de payer ses impôts et de recevoir des prestations sociales, c’est-à-dire avant redistribution, les 10 % des Français les plus pauvres gagnent 281 euros par mois. L’impôt (négatif) sur le revenu donne lieu à un versement net du fait de la prime pour l’emploi (+ 5 euros par mois), ce qui compense à peu près la taxe d’habitation (- 4 euros en moyenne). Les allocations familiales et les aides au logement apportent respectivement 164 et 172 euros à leur budget mensuel. Le RSA et les autres minima sociaux (minimum vieillesse, allocation aux adultes handicapés) complètent leur revenu pour 217 euros en moyenne. Au total, les prestations sociales procurent 552 euros mensuels à cette tranche de la population, soit les deux tiers de leurs ressources après redistribution, ce qui amène leur niveau de vie à 821 euros par mois.