Communément surnommés les « zinzins », les investisseurs institutionnels sont des collecteurs d’épargne non bancaires. Ils regroupent trois types d’acteurs : les fonds de pension, les compagnies d’assurances et les organisations de placement collectif. Dès le milieu des années 1980, mais surtout pendant la décennie 1990, on a pu constater l’ « institutionnalisation » croissante de l’épargne des ménages. L’investisseur institutionnel investit les fonds collectés auprès de ses clients (particuliers, assurés, fonds de pension) dans des valeurs mobilières et immobilières.

Les « zinzins » exercent un rôle économique très important sur les marchés financiers. L’argent qu’ils placent sert à alimenter le capital-risque, donc à stimuler la création d’entreprise. Ils apportent un soutien financier qui permettra d’attirer d’autres investisseurs. Les investisseurs publics aident au financement de projets très divers. On peut citer la Caisse des dépôts et consignations, premier investisseur institutionnel dans le capital des entreprises françaises, qui soutient les ETI et les PME.

Leurs placements privilégiés

Avec le vieillissement de la population et donc l’augmentation de l’épargne, le rôle des investisseurs institutionnels se renforce. Le besoin de faire fructifier son épargne de retraite s’impose de plus en plus aux citoyens, surtout dans les pays n’ayant pas de système de retraite par répartition. Les fonds, eux, doivent trouver des investissements rentables de manière à pouvoir servir des rentes de vieillesse plus longtemps.

Derrière une grande variété de stratégies pour diversifier leur portefeuille, certains types de placements sont clairement privilégiés par les investisseurs institutionnels : les obligations, surtout les obligations d’État, qui garantissent des revenus à la fois réguliers et peu risqués ; les actions émises par les sociétés les mieux cotées, pour une meilleure rentabilité, et l’immobilier

L’investissement responsable a le vent en poupe

En France, les encours de l’investissement responsable (IR) ont atteint 1 081 milliards d’euros au 31 décembre 2017, en hausse de 12 % sur un an. Lorsqu’ils sélectionnent les titres de leur portefeuille, les gérants responsables prennent en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ce marché de la finance responsable est notamment tiré par la demande des investisseurs institutionnels.

En chiffre

1990

L’épargne des ménages prend un cap institutionnel durant cette décennie.