Croissance économique : une reprise en V, U, L ou K ?

En théorie

Croissance économique : une reprise en V, U, L ou K ?

À la suite d’un choc économique, plusieurs scénarios de reprise sont envisageables, avec chacun sa courbe en V, en U ou en L.

Une reprise en V signifie qu’après avoir brutalement plongé, l’économie rebondit vite et fort, notamment grâce au crédit facile. La croissance et l’emploi reprennent, la crise est de courte durée et s’oublie rapidement. C’est le scénario optimiste.

Il est vrai que la crise du coronavirus est un choc exogène qui ne vient pas d’un dysfonctionnement des entreprises ni du système économique et financier. Elle a découlé, en France, d’un arrêt administratif de la production, des échanges et de la consommation.

Toutes les activités pourraient donc redémarrer assez vite, entraînées par les échanges intra-européens.

La confiance est déterminante pour ce type de reprise afin que l’excès d’épargne forcée soit dépensé et que les investissements reprennent.

Cela signifie aussi que l’État ne doit pas augmenter les impôts, en tout cas pas trop tôt, pour financer les hausses du déficit public et de la dette. De même, il doit lever rapidement les restrictions sanitaires notamment dans les services (restaurants, commerces…).

Des scenarii plus dramatiques

En revanche, si la crainte d’un reconfinement se développe (pas de vaccin, retour de la pandémie), une reprise en U (la croissance ne repart pas avant plusieurs mois) ou, pire, en L (la croissance a décroché et stagne longtemps) seraient des scénarios-catastrophes, avec des conséquences économiques et sociales dramatiques.

Les entreprises, endettées et durablement privées de chiffre d’affaires (atonie de la consommation et des investissements, chaînes de valeur perturbées…), feraient faillite et licencieraient massivement.

L’État, déficitaire et endetté lui-même, ne pourrait soutenir davantage l’économie (les dépenses publiques françaises atteignent désormais 62,7 % du PIB) et la restriction des échanges intra-européens renforcerait le marasme économique.

Une reprise en forme de K semble se profiler : certains secteurs s’effondrent et restent sinistrés, quand d’autres rebondissent tout de suite.