Entreprises : quelles responsabilités envers la société ?

En théorie

Entreprises : quelles responsabilités envers la société ?

Depuis le 1er septembre 2017, les entreprises employant plus de 500 salariés sont obligées d’établir une « déclaration de performance extra-financière ».

Il existe en France quatre millions d’entreprises. À côté de très grandes entreprises, la plupart sont des petites structures employant trois ou quatre personnes, comme des magasins, des ateliers d’artisans ou des restaurants.

Impossible, naturellement, de comparer l’impact écologique ou environnemental d’un groupe industriel, d’une société de transport ou d’un marchand des quatre saisons.

Les entreprises ne font pas ce qu’elles veulent. Leur activité est encadrée par une législation considérable, de portée tantôt générale, tantôt spécifique.

Une responsabilité qui existe depuis Louis XIV

La première loi du genre date de 1669 avec une ordonnance prise par Colbert, le ministre de Louis XIV, sur l’entretien de la forêt française.

Le 15 octobre 1810, le gouvernement impérial impose déjà à l’industrie des normes sur les odeurs insalubres qu’elles répandent.

La liste des textes est devenue assez longue pour constituer le Code de l’environnement, destiné à protéger la nature, les paysages, le littoral, les réserves naturelles et les parcs nationaux. D’autres lois relatives à la protection de l’environnement figurent aussi dans les codes de l’urbanisme, de la pêche, des douanes et du commerce. 

Réglementation : la nouvelle RSE

Chaque loi est accompagnée de réglementations spécifiques, que ce soit pour certaines activités qualifiées de dangereuses ou par décision des collectivités locales.

Depuis le 1er septembre 2017, les entreprises de plus de 500 personnes sont obligées d’établir une « déclaration de performance extra-financière » pour détailler leurs performances écologiques : consommation énergétique, recyclage, bilan carbone…

Bien qu’elle la remplace, cette « déclaration » est plus connue sous l’acronyme de RSE pour Responsabilité sociale (ou sociétale) des entreprises. La RSE bénéficie également du soutien de l’Union européenne depuis 2001. Les entreprises peuvent aussi demander et arborer la norme internationale ISO 26 000 qui mesure leur impact sur la société et l’environnement.

 

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La performance climat d’une entreprise est évaluée en pourcentages d’un maximum idéal en considérant quatre domaines : la transparence des informations, les réductions d’émissions, l’engagement et l’innovation, la stratégie et la gouvernance.

 

Les entreprises au pied du mur

Progressivement, volontairement ou sous la contrainte, les entreprises ont pris conscience du risque environnemental, en tant que tel et pour leur réputation, c’est-à-dire leur capacité à attirer les talents.

La révolution industrielle, ses mines et ses usines géantes ont littéralement massacré certaines régions. La monoculture et l’agriculture intensive ont transformé radicalement les paysages.

L’échouage de pétroliers géants et les marées noires sur les côtes françaises ou ailleurs (comme le Torrey Canyon en 1967, l’Amoco Cadiz en 1974 ou l’Erika en 1999), les milliers de morts provoqués par l’explosion d’usines chimiques de Bhopal en Inde et d’AZF à Toulouse, les catastrophes nucléaires de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2011) ont mis les industriels et les chefs d’entreprise au pied du mur avec cette prise de conscience : il n’est plus possible de sacrifier la planète pour améliorer les profits. 

L’environnement, matière à concurrence

Ne soyons pas naïfs. La partie n’est pas encore gagnée, mais les progrès sont considérables. Aujourd’hui, l’effort des entreprises porte principalement sur la réduction de la facture énergétique, la contraction des émissions de carbone et l’intégration de la biodiversité dans leur stratégie.

Les pionnières s’inscrivent résolument dans les accords internationaux comme la COP 21. Les forêts ne sont plus menacées par les pluies acides depuis l’imposition de normes d’émissions anti-polluantes drastiques dans les années 1980, couplées à des avancées technologiques considérables.

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Et puis les entreprises ont évolué. Elles ne voient plus l’environnement seulement comme une contrainte. Elles se font concurrence sur les meilleures pratiques en la matière, échangent leurs expériences et se fixent des objectifs significatifs.

Par exemple, les industriels de l’impression numérique ont créé le Conibi qui récupère et recycle les cartouches et les toners d’encre dans les entreprises.