La conflictualité sociale

Spécial bac

Les bases
  1. Accueil
  2. Les bases
  3. Question de cours
  4. La conflictualité sociale
Martine Peyrard-Moulard

Voici vos repères nécessaires pour rédiger une copie d'excellence sur le thème de "La conflictualité sociale: une accroche ; le courant de pensée économique ou sociologique, un auteur et sa citation, le mécanisme, un chiffre significatif.

  • LA THÉMATIQUE : LA CONFLICTUALITÉ SOCIALE 
  • LE SUJET : COMMENT PEUT-ON ANALYSER LE DÉVELOPPEMENT DES CONFLITS SOCIAUX DANS LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE ?

L’accroche

Manifestations des « gilets jaunes », marches pour le climat, défilés pour les droits des femmes, grèves contre les délocalisations d’entreprises… les mouvements sociaux semblent se multiplier en France. Toute société connaît des conflits, des tensions entre les groupes sociaux qui la composent en raison de leur interdépendance et de leurs intérêts divergents.

Ces tensions sont-elles le signe de véritables dysfonctionnements de la société ou, au contraire, un moyen de faire évoluer les règles et les relations sociales ? Peut-on considérer que l’évolution économique, sociale, mais aussi les mutations sociétales à l’œuvre sont à l’origine de ces tensions entre les groupes sociaux, au point de présenter de forts risques de désintégration sociale ? Ou bien ces tensions sont-elles aussi le moyen de contribuer au changement et de faire évoluer l’ordre social existant ?

Le mécanisme

La régulation  sociale

Selon Jean-Daniel Reynaud (1926-2019), la vie sociale repose sur différents types de réglages d’ordre social, économique, politique, culturel, et notamment en termes d’intégration et d’exclusion. Ces réglages permettent aussi de construire les notions de justice et d’équité. Ce sont ces règles qui assurent un certain mode de fonctionnement de la société, elles sont le résultat d’une construction sociale. La négociation et les règles sont alors au centre des rapports sociaux. Par exemple, dans le monde du travail, les relations professionnelles en termes de statuts, droits, carrières, salaires… sont source de mobilisation des différents acteurs pour faire reconnaître leurs droits et parvenir à un accord, à un compromis et à l’élaboration de nouvelles règles. Cette analyse s’étend à la vie sociale par la construction de règles sociales, de normes et d’obligations sociales, conventions instables, mais devant assurer le vivre ensemble.

Secrétaire général de la CFDT de 2002 à 2012. Il défendait la vision d’un syndicalisme réformiste « soucieux des intérêts des salariés et de la transformation de la société afin que l’ensemble des relations sociales soit marqué par la solidarité, la justice sociale et la démocratie ».

Les sociétés civiles qui ne sont pas solidement nourries par des corps intermédiaires, c’est-à-dire par des formes d’organisation autonomes qui s’intercalent entre les individus et l’État, sont des sociétés déséquilibrées (…). Dans un tel contexte, il n’est guère étonnant de voir fleurir des formes de conflits sociaux où la violence nourrit une logique du « tout ou rien ». Ces mouvements de pure contestation ou de révolte se tournent en dernier ressort contre l’État qui catalyse toutes les tensions.

François Chérèque

(1956-2017), CFDT, 2002

Le chiffre

11 %

C’est le taux de syndicalisation pour l’ensemble des salariés, l’un des plus faibles d’Europe. Dans le secteur privé, il s’établit à 8,4 % (ministère du Travail, chiffres 2016). La syndicalisation baisse régulièrement depuis plusieurs décennies. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, 30,1 % des salariés étaient syndiqués. La crise du syndicalisme français nuit à leur rôle institutionnel de prévention et de gestion des conflits et interroge sur la nature du syndicalisme hexagonal.