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Les politiques pour l’emploi

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Martine Peyrard-Moulard

Voici vos repères nécessaires pour rédiger une copie d'excellence sur le thème "Les politiques pour l’emploi:  une accroche ; le courant de pensée économique ou sociologique, un auteur et sa citation, le mécanisme, un chiffre. 

  • LA THÉMATIQUE : LES POLITIQUES POUR L'EMPLOI
  • LE SUJET : POUR QUELLES RAISONS LE CHÔMAGE RESTE-T-IL ÉLEVÉ EN FRANCE ?

L’accroche

Depuis près de 40 ans, le chômage reste important en France. Aujourd’hui, il touche près de 9 % de la population active. Il s’agit de l’un des plus grands déséquilibres de notre économie. Ce chômage massif est aussi durable : 41,5 % des chômeurs l’étaient depuis plus d’un an en 2018.
La lutte contre le chômage demande un bon diagnostic afin que les mesures gouvernementales donnent des résultats. Une politique « pour » l’emploi doit développer un environnement macroéconomique favorable à la création d’emplois, notamment par une politique de relance de type keynésien, à condition que le chômage s’explique par une conjoncture morose ou une récession.

Mais le chômage peut avoir des raisons plus profondes, résulter de déséquilibres structurels. Les libéraux soulignent la faiblesse de la rentabilité des entreprises, ce qui freine leurs investissements et donc leurs besoins de recrutement, et la rigidité du marché du travail. Dans ce contexte, une politique « de » l’emploi vise la déréglementation et la flexibilisation du marché du travail.

En France, la difficulté d’éradiquer le chômage n’est-elle pas liée à la coexistence d’une conjoncture qui tourne au ralenti, d’une rentabilité du capital insuffisante et d’un fonctionnement du marché du travail rigide et dual ?

100 000

C’est le nombre de jeunes abandonnant, chaque année, le système scolaire sans qualification ni diplôme (Observatoire des inégalités, France, 2017). On parle de décrochage scolaire. Ces jeunes se trouvent plus souvent au chômage (taux quatre fois supérieur à celui des diplômés d’un niveau supérieur à bac + 2), notamment de longue durée, et occupent plus souvent des emplois précaires. L’échec scolaire a aussi des conséquences pour l’ensemble de la société. Le diplôme est plus que jamais un atout pour accéder à l’emploi. Tant que l’on se situe dans le cadre idéal de concurrence dans lequel la théorie de l’offre de travail a initialement été élaborée, il n’y a pas de chômage : le salaire réel équilibre l’offre et la demande de travail et, en ce sens, on aboutit à un « plein emploi », ce qui n’empêche pas une partie de la population d’être inactive. Décider d’être inactif constitue un choix rationnel, celui de ne pas travailler au « niveau de salaire d’équilibre ».

Le mécanisme

La trappe à inactivité

La théorie libérale de l’offre de travail explique qu’un individu « arbitre rationnellement » entre travailler (pour obtenir un revenu) et ne pas travailler (préférer le loisir). Travailler signifie que le salaire couvre la « désutilité » du travail. S’il peut obtenir un revenu sans travailler grâce aux minima sociaux, le RSA par exemple, l’individu rationnel renonce au travail et se trouve pris dans une « trappe », c’est-à-dire un piège, qui le condamne à l’inactivité. Le chômage est alors volontaire.
On distingue la « trappe à inactivité » qui concerne les inactifs n’étant pas incités financièrement à entrer sur le marché du travail, la « trappe à chômage » pour les chômeurs qui n’acceptent pas un travail en raison de l’existence de l’indemnisation du chômage et la « trappe à pauvreté » qui concerne tous ceux pour qui l’augmentation du revenu du travail bute sur des effets de seuil qui découragent le travail.

L’auteur

Lionel
Robbins

Lionel Robbins, économiste anglais libéral (néoclassique), estime que le système des prix est le meilleur des régulateurs. Lorsqu’on le laisse jouer, il assure avec une grande précision les équilibres économiques.

En général, on peut affirmer sans se tromper que, si les taux de salaires étaient beaucoup plus flexibles, le chômage se trouverait considérablement diminué.

Lionel Robbins

(1898-1984)