L'instabilité de la croissance 

En théorie

L'instabilité de la croissance 

Spécial Bac 

Pour chacun des 12 sujets dont nous pensons qu’ils peuvent tomber le 20 juin à l’épreuve de SES, vous trouverez les repères décisifs d’une copie d’excellence : une accroche ; le courant de pensée économique ou sociologique, incarné par un auteur et sa citation ; le mécanisme à l’œuvre et un chiffre significatif.

  • LA THÉMATIQUE : L'INSTABILITÉ DE LA CROISSANCE 
  • LE SUJET : COMMENT EXPLIQUER LE CARACTÈRE FLUCTANT DE L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE ? 

L'accroche 

La crise des subprimes, en 2008-2009, a fait plonger la croissance économique de tous les pays du monde. Certains, comme la Grèce, n’ont toujours pas retrouvé leur 
niveau de vie d’avant. Cette crise n’est toutefois pas « singulière ». Déjà, la fameuse Dépression de 1929 avait mis fin aux Années folles et une période de 30 années « piteuses » avait succédé à la forte croissance des 30 Glorieuses (1945-1973)…
La croissance économique est tout sauf régulière. Elle connaît des phases d’accélération, de ralentissement et même de recul. Comment expliquer cette instabilité ? Pour certains, les raisons sont à rechercher du côté de l’offre et des transformations de l’appareil productif, alors que pour d’autres, ce sont les variations de la demande globale, c’est-à-dire de la consommation et des investissements, qui alimentent les fluctuations économiques.

Le mécanisme

La destruction créatrice 

Il s’agit du processus de disparition d’activités productives obsolètes qui sont remplacées par des activités nouvelles du fait des innovations réalisées par l’entrepreneur innovateur. Celui-ci est une sorte de « capital-risqueur » dont la prise de risques, récompensée par le profit, lui donne un rôle central dans cette dynamique. Les grappes d’innovations, discontinues et interdépendantes, bouleversent les méthodes de production, l’organisation du travail, les spécialisations, les produits et les marchés. Elles révolutionnent l’économie et la société par leurs impacts à la fois destructeurs et créateurs d’activités et d’emplois. Toutefois (à l’instar de Karl Marx, mais pas pour les mêmes raisons), l’entrepreneur et le capitalisme sont condamnés en raison du développement de grandes entreprises dirigées par des gestionnaires et non plus par des « entrepreneurs innovateurs ».
En raison aussi de la routine, de la bureaucratisation managériale, de la salarisation de la re-cherche… La concurrence et la mondialisation redistribuent les cartes économiques et sociales et remettent en permanence en cause les situations acquises. L’hostilité grandissante de la population à l’égard de l’esprit d’entreprise, de l’argent et des progrès « destructeurs » finit par affaiblir le système capitaliste et par briser sa dynamique.

L'auteur 

Schumpeter Joseph

Joseph Schumpeter (1883-1950), économiste autrichien hétérodoxe, est célèbre pour ses théories sur les fluctuations économiques et la « destruction créatrice ». Il considère le déséquilibre comme un ressort fondamental d’un capitalisme toujours en mouvement et explique les cycles économiques et leur imbrication par les innovations de procédés et de produits.

Le nouveau ne sort pas de l’ancien, mais apparaît à côté de l’ancien, lui fait concurrence jusqu’à le ruiner.

Joseph Schumpeter,

Théorie de l’évolution économique, 1911.

En Chiffres

1,5

En 2018, la croissance économique a fortement ralenti, tombant à 1,5 %. Elle était de 2,3 % en 2017. Ce fléchissement s’explique par la faible consommation des ménages et le fort ralentissement de l’investissement. Les tensions et les incertitudes internationales expliquent aussi ce coup de frein.