Pourquoi les méthodes d’E. Duflo, A. Banerjee et M. Kremer les ont amenés au “Prix Nobel” ? 

En théorie

Pourquoi les méthodes d’E. Duflo, A. Banerjee et M. Kremer les ont amenés au “Prix Nobel”

Si Esther Duflo, Abhijit Banerjee et Michael Kremer sont devenus “Prix Nobel”, ils le doivent avant tout à l’utilisation en économie d’une méthode révolutionnaire : les “essais comparatifs aléatoires”. Pour ces chercheurs, il s’agit d’appliquer des techniques jusque là propres aux sciences dures : des expériences avec des groupes tests et des groupes témoins, pour améliorer l’efficacité des programmes sociaux-économiques.

Esther Duflo et ses co-lauréats étudient la pauvreté à partir de cas concrets. Ils préfèrent l'expérimentation plutôt que la simulation de concepts économiques théoriques. La chercheuse franco-américaine a mis au point une approche inédite. Son objectif : évaluer l’efficacité des politiques publiques déployées pour lutter contre la pauvreté. 

Les “essais comparatifs aléatoires”, une révolution méthodologique en économie

Concrètement, sa méthode s’inspire des protocoles de recherche utilisés dans le cadre des tests thérapeutiques. L’économiste défend une démarche scientifique, comme elle l’explique dans une conférence TedX : “au XXe siècle, les essais comparatifs aléatoires ont révolutionné la médecine en permettant de voir les traitements qui marchent et ceux qui ne marchent pas. Nous appliquons la même chose en économie du développement, dans la lutte contre la pauvreté”.