Entre bonne action, fiscalité avantageuse et volonté de renvoyer une image positive, le mécénat d'entreprise se développe. Mais l'État y trouve-t-il son compte ?

Avril 2019, un gigantesque incendie ravage Notre-Dame de Paris et provoque une émotion planétaire : de nombreuses entreprises – LVMH, L’Oréal, ou encore Bouygues – annoncent des dons de plusieurs centaines de millions d’euros pour financer sa restauration.

C’est le mécénat d’entreprise : celle-ci peut apporter « son soutien à une œuvre d’intérêt général, ayant un caractère philanthropique, humanitaire, social, éducatif, sportif… ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, la préservation de l’environnement ou la diffusion de la culture, de la langue et de la science française »1.

Le soutien financier est le plus courant, c’est le choix de plus 90 % des entreprises mécènes. Il peut aussi prendre la forme de dons en nature (matériels, locaux ou technologies) ou en compétences (mise à disposition de salariés pour une association).

Le mécène ne doit pas attendre de contrepartie directe de la part des bénéficiaires (État, associations, fondations, collectivités locales…), mais espère que cela donnera de lui une image flatteuse.

Pour encourager le mécénat, la loi Aillagon du 1er août 2003 et ses aménagements2 accordent aux donateurs une réduction d’impôts de 60 % du montant du don jusqu’à deux millions d’euros de dons annuels et de 40 % au-delà.

Le mécénat n’est donc pas désintéressé et cette niche fiscale au profit de l’intérêt général représente un manque à gagner de l’ordre d’un milliard d’euros par an à la charge de l’État et de la collectivité.

Plus de 3,5 milliards d’euros sont consacrés au mécénat chaque année, essentiellement dans le social, la culture et l’éducation ; 96 % des entreprises mécènes – elles sont 75 000 – sont des Petites et moyennes entreprises (TPE, PME), mais ne représentent que 22 % des dons3. Les entreprises du CAC40, en raison de leur dimension internationale, s’impliquent davantage dans la solidarité internationale et la recherche.

Sources

1. Direction de l’information légale et administrative, Service-public.fr

2. Projet de loi de finance 2020

3. Admical, 2020