Sondage : et si l’opinion publique n’existait pas ?

En théorie

Sondage : et si l’opinion publique n’existait pas ?

Les sondages sont omniprésents dans les médias. Mais la vox populi, scrutée sans relâche, surtout avant les élections, est-elle un objet quantifiable ?

Il ne se passe pas une semaine sans que les médias nous rapportent, au moyen de sondages d’opinion, ce que « les Français » pensent de telle question politique ou sociale. Il existerait ainsi une « opinion publique » dont il serait possible de prendre la température sur toutes sortes de sujets. Si cela semble aller de soi aujourd’hui, il n’en a pas toujours été ainsi.

C’est au XVIIIe siècle qu’émerge en France l’idée selon laquelle il pourrait être utile de s’informer sur les opinions du peuple1. La monarchie cherche alors à le faire au moyen de « mouches », des indicateurs chargés d’écouter les conversations dans les lieux publics parisiens et d’en rapporter la teneur à la police.

Au cours du siècle suivant, les gouvernements essayeront d’étendre cette surveillance en demandant à des notables installés sur l’ensemble du territoire de se renseigner sur l’état d’esprit de la population locale et de leur faire remonter ces informations.