D'où vient l'expression : « graisser la patte » ?

En théorie

D'où vient l'expression : « graisser la patte » ?

Cette expression, désignant le fait de corrompre une personne, remonte au Moyen-Âge.

L’emploi de cette expression laisse entendre que l’on soudoie une personne en échange de services, bref, que l’on corrompt quelqu’un en lui remettant de l’argent.

On la retrouve dans les chroniques historiques dès le XIIe siècle, une époque où les impôts et taxes pouvaient être très élevés puisqu’ils n’étaient payés que par une partie de la population.

L'église et l'impôt sur la vente de porc

Le clergé, notamment, prélevait d’importants impôts pour financer la construction et l’entretien des églises. Les ecclésiastiques disposaient d’ailleurs du droit exclusif de lever un impôt sur les ventes de viande de porc, cette viande faisant partie des plus consommées et appréciées au Moyen-Âge.

Certains historiens affirment même que le marché aux cochons de la ville de Paris fut transféré du grand marché des Halles au parvis de l’église Notre-Dame afin que le clergé puisse prélever cet impôt plus facilement.

Du lard pour les commissaires

Pour veiller au bon versement de la taxe, des contrôles sont mis en place au sein du marché, effectués par des commissaires. Mais pour éviter de payer, certains marchands soudoient les contrôleurs en leur offrant des morceaux de lard, un mets très apprécié à l’époque.

Les commissaires ainsi corrompus se retrouvaient donc littéralement avec les mains grasses. Au début, ce procédé était appelé « oindre les paumes », puis a progressivement évolué vers « graisser la patte », le terme de « patte » étant plus péjoratif.

De nos jours, l’expression désigne surtout la corruption en argent liquide, qui passe directement de main en main.