Éco-dicton. « Comptes d’apothicaire »

Les bases

Tous les mois, Pour L’Éco rappelle l’origine d’une expression courante en lien avec l’économie.

Tenir des comptes d’apothicaires, c’est avoir une comptabilité excessive et compliquée dans le but de duper ses clients ou son entourage. Un compte d’apothicaire peut désigner à la fois une facture artificiellement gonflée ou un calcul dont les résultats sont sans intérêt et ne servent qu’à embrouiller l’esprit.

Le métier d’apothicaire naît au XIVe siècle, à une époque où les médecins sont rares et inaccessibles aux gens du peuple.

L’apothicaire fait figure d’ancêtre du pharmacien, mais à l’époque, la profession est très peu encadrée. L’apothicaire devait néanmoins avoir d’importantes connaissances en médecine et en plantes médicinales, un savoir qui impressionnait ses clients.

Les apothicaires vendent des onguents, des potions, des plantes médicinales, mais aussi des denrées rares comme le sucre ou les épices. On se rend chez l’apothicaire pour se procurer toutes sortes de remèdes, généralement vendus à prix d’or, sans que le client sache réellement ce que contient sa potion. C’est ainsi qu’est née l’expression : des membres de cette branche profitaient de leur statut et de leur érudition pour présenter des factures gonflées sous prétexte de rareté et de complexité de la préparation.

C’est en 1777, sous le règne de Louis XVI, que les apothicaires prennent le nom de pharmaciens et obtiennent l’exclusivité de la préparation des remèdes. La loi oblige désormais la corporation à des études bien précises et, surtout, à un encadrement plus strict des produits vendus et de leur prix.