Éco dicton : « Monnaie de singe »

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Valentine Rault

Tous les mois, Pour l’Éco rappelle l’origine d’une expression courante en lien avec l’économie.

Cette expression évoque de nos jours un mauvais payeur, une personne cherchant à s’acquitter de ses dettes avec de belles paroles. Son origine remonte à l’Antiquité où, dans chaque cité, une taxe s’appliquait à toute personne voulant traverser un pont. Les ponts sont en effet le signe de la richesse d’une ville, car ce sont des structures onéreuses à construire et à entretenir : le droit de passage permettait de financer cet entretien, un peu comme les péages de nos autoroutes.

Au XIIIe siècle, le roi Saint-Louis décide d’imposer à Paris une taxe pour le passage sur le pont reliant l’île de la Cité, cœur du pouvoir royal, et la rue Saint-Jacques : le Petit pont existe encore de nos jours. Il conduit vers le parvis de la cathédrale Notre-Dame.

Paris est alors beaucoup plus petite qu’aujourd’hui et ne comporte que deux ponts. Les droits de péage sont extrêmement élevés et de nombreuses dérogations se mettent en place pour éviter de les payer. Ainsi, les marchands d’animaux se rendant sur l’île de la Cité pour vendre un singe pouvaient être exonérés de droit de passage à condition de faire exécuter un petit tour à l’animal. On payait en offrant une distraction au péagier. Par la suite, cette exonération s’étend aux jongleurs, chansonniers et poètes, qui peuvent payer leur passage sur le pont en exécutant un numéro de danse, souvent en imitant l’agitation d’un singe. On dit alors qu’ils payent en monnaie de singe.