Tous les mois, Pour L’Éco rappelle l’origine d’une expression courante en lien avec l’économie.

L’expression désigne une personne démesurément riche dont on ne connaît pas le montant exact de la fortune, mais qu’on imagine énorme.

Crésus a réellement existé : il fut roi de Lydie (une région de l’actuelle Turquie), de 561 à 547 av. J.-C. Crésus était un roi prospère, régnant sur une région fertile où coulait le fameux fleuve Pactole. À l’époque, les eaux du fleuve étaient chargées de paillettes d’or, assurant en partie la richesse de Crésus.

Pour remercier les dieux de lui avoir prodigué tant de bienfaits, Crésus fait de nombreuses offrandes au temple de Delphes (dédié à Apollon) et fait reconstruire celui d’Artémis, à Éphèse. Ce lieu, honorant la déesse de la chasse, prend des dimensions colossales : 137 mètres de long, 71 mètres de large. Après l’intervention de Crésus, le temple devient l’une des sept merveilles du monde antique.

L’historien grec Hérodote rapporte une célèbre anecdote concernant Crésus : le roi reçoit un jour à son palais Solon, un législateur venu d’Athènes. Crésus fait étalage de ses richesses. L’homme de loi n’est guère impressionné et face à cet excès d’orgueil, il met le monarque en garde : « N’appelons personne heureux avant le jour de sa mort. » La légende veut que quelques années plus tard, l’un des fils de Crésus, Ardys, ait été tué au cours d’une partie de chasse. Entouré de ses immenses richesses, Crésus resta inconsolable jusqu’à sa mort.

« Être riche comme Crésus », c’est donc aussi affronter une réalité : l’argent ne fait pas le bonheur.