Tous les mois, Pour L’Éco rappelle l’origine d’une expression courante en lien avec l’économie.

Cette expression définit le fait, pour une personne, de travailler ou de faire travailler hors du cadre légal du droit du travail, par exemple en ne déclarant pas l’employé. Les employeurs peu scrupuleux évitent ainsi de payer les charges salariales et patronales des personnes qu’ils font travailler.

La pratique existe depuis plusieurs siècles, tout comme l’expression la désignant, qui remonte au Moyen-Âge. À cette époque, les différentes corporations de métier n’ont le droit de travailler que lorsqu’il fait jour, du lever au coucher du soleil. Cette loi garantit ainsi aux travailleurs un temps de repos minimal. Cela dit, même avec cette règle, les journées peuvent atteindre 14 heures. Tout travail effectué après la tombée de la nuit est donc illégal. Néanmoins, certains patrons ignorent la loi et contraignent leurs employés à effectuer leurs tâches la nuit, à la lueur des chandelles et des torches. Le travail se fait alors littéralement « dans le noir ». Cette pratique était particulièrement courante en hiver, saison pendant laquelle les jours sont très courts.

Le travail « dans le noir » ou « au noir » a donc fini par désigner le travail clandestin et illégal. Aujourd’hui en France, il est toujours très répandu, notamment dans les secteurs consommant beaucoup d’heures de travail, comme l’hôtellerie-restauration, le bâtiment ou encore les services à la personne. Selon le Conseil d’orientation pour l’emploi, en 2019, 2,5 millions de personnes travaillent au noir, soit 5 % des plus de 18 ans.