Chine, le pouvoir de l'État n'est pas si absolu
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Chine, le pouvoir de l'État n'est pas si absolu

Audrey Fisné-Koch
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Ces derniers mois, l’intervention de l’État dans l’économie chinoise s’est accélérée, au risque de casser la croissance. En face, acteurs privés, régions et jeunes constituent de réels contre-pouvoirs, que l’on sous-estime souvent en Occident.

Couv-39.jpgCet article est extrait de notre magazine consacré aux super-pouvoirs économiques des politiques. À retrouver en kiosque et en ligne.

Vu d’Occident, c’est sans doute le pays où le politique a le plus de pouvoir sur l’économie. Et pour cause : avec son parti unique (et communiste), la Chine a toujours connu une forte intervention étatique. Les Chinois, globalement, cautionnent. Après tout, « le pays affiche une croissance continue depuis plusieurs années et il s’est construit une place majeure sur l’échiquier mondial », explique David Baverez, investisseur et auteur de Chine-Europe : le grand tournant1. Entre 2000 et 2019, la part de la Chine dans le PIB mondial est passée de 3,6 % à 17,8 %. Le pays pourrait même dépasser les États-Unis pour devenir la première puissance économique au monde d’ici 2028, à en croire les projections du Center for Economics and Business Research (CEBR).

Brandissant ces résultats, l’État se vante d’être « visionnaire, de mener une politique industrielle forte, avec des plans quinquennaux, comme la France a pu le faire dans les années 1970. Et puis il n’hésite pas à changer de ligne après avoir poussé une logique jusqu’au bout. Enfin – et les Asiatiques sont convaincus sur ce point d’être supérieurs aux Occidentaux – l’État a le courage de prendre des mesures impopulaires. Ce que nous n’avons pas fait en France depuis 50 ans », poursuit le sinologue, installé à Hong Kong.