L’extrême droite au pouvoir dans le monde, quelles conséquences économiques ?

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L’extrême droite au pouvoir dans le monde, quelles conséquences économiques ?

Difficile de définir clairement les politiques économiques des partis d’extrême droite tant elles diffèrent d’un pays à l’autre. Ce que ces partis ont toujours en commun, en revanche, c’est un discours anti-élite et anti-immigration, ainsi qu’une remise en question des infrastructures institutionnelles. Ce qui n’est pas sans conséquence économique.

AfD en Allemagne, la Lega en Italie, FPÖ en Autriche, PiS en Pologne ou encore Fidesz en Hongrie… « L’essor et la multiplication des acteurs de la droite radicale n’ont pas cessé depuis le milieu des années 1980 », constate le chargé de recherche CNRS au CEVIPOF, Gilles Ivaldi. Les partis de la droite radicale, qui ont en commun un ultranationalisme, « sont désormais installés dans la quasi-totalité des États membres de l’Union européenne ». La France ne fait pas exception : en témoigne la présence du Rassemblement national (RN), au second tour de la présidentielle.

Mais tous ces partis d’extrême droite ont-ils des programmes économiques en commun ? La réponse n’est pas évidente : « C’est difficile de définir les politiques économiques de l’extrême droite car il n’existe pas de programme tout fait. Leur discours nationaliste ou anti-élites va servir à légitimer des politiques qui peuvent prendre des formes radicalement différentes », nous répond Pierre-Guillaume Méon, professeur de science économique à l’Université libre de Bruxelles. « Parmi les politiques d’extrême droite, on trouve tout et son contraire : des dirigeants qui vont être objectivement plus libéraux comme Trump ou Bolsonaro. D’autres qui parlent de redistribution. »