Hydrocarbures. Comment la Norvège a réussi à éviter la malédiction hollandaise
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Hydrocarbures. Comment la Norvège a réussi à éviter la malédiction hollandaise

Adrien Palluet
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La crise énergétique engendrée par l’arrêt des livraisons de gaz russe a poussé l’UE à se tourner encore davantage vers la Norvège. Une aubaine pour la monarchie scandinave dont les rentes liées aux hydrocarbures sont à l’origine de la solidité de son économie. Ce qui en fait un cas à part parmi les pays producteurs de pétrole et de gaz.

L’essentiel.​​​​​

- Grande bénéficiaire de la crise énergétique européenne actuelle, la Norvège fait partie des plus grands producteurs et exportateurs de pétrole et de gaz au monde et utilise uniquement les bénéfices de ses revenus pour contribuer à l’économie du pays. Tout le reste est investi dans un fonds souverain, l’un des deux plus importants du monde.

- Ce fonds, longtemps le plus important de la planète, permet au pays de posséder une manne financière servant à préparer l’avenir.

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Entre janvier et septembre 2022, la Norvège a exporté pour 397,7 milliards de couronne norvégienne de pétrole brut (38,6 milliards d’euros) et pour 888,7 de couronne norvégienne en gaz naturel (86,2 milliards d’euros), selon l’institut statistique norvégien SSB. Une hausse de près de 60 % pour le pétrole et de plus de 277 % pour le gaz par rapport à septembre 2021.

Cette évolution est principalement due à l’agression russe de l’Ukraine, l’embargo européen sur le pétrole russe qui a suivi et la coupure du robinet gazier par Moscou. Les Vingt-Sept ont alors dû diversifier leurs approvisionnements. Déjà partenaire privilégié de l’Union, « la Norvège a encore augmenté de 8 % ses exportations d’hydrocarbures vers l’Europe ces derniers mois », explique Camille Defard, spécialiste des politiques européennes de l’énergie à l’Institut Jacques Delors. « Désormais, l’UE importe environ 30 % de son gaz depuis la Norvège contre environ 25 % avant la crise », renchérit la chercheuse.