Débat. L’État doit-il subventionner l’information ?

Politique économique

Débat. L’État doit-il subventionner l’information ?

Garant de l’accès universel à la presse et aux médias, un « bien public », ou dispositif étouffant la liberté d’entreprendre, l’engagement financier de la puissance publique divise. Deux experts des médias, Jean-Marie Charon et Julia Cagé, en ont débattu. 

« Non ! C’est anti-économique », par Jean-Marie Charon

Les aides à la presse que nous connaissons aujourd’hui sont directement héritées de la reconstruction du paysage médiatique après la Seconde Guerre mondiale. Les autorisations délivrées aux journaux sont alors fondées sur des critères politiques, avec comme but de donner à chaque courant partisan la possibilité d’exprimer ses idées.

C’est la défense du fameux « pluralisme ». En outre, les ordonnances de 1944 attribuent ces autorisations selon la règle « un titre = un homme ». Aussi, il n’était pas possible pour un individu de détenir plus d’un seul journal et celui-ci ne pouvait pas exercer d’autre activité, industrielle par exemple.

L’objectif était d’éviter la concentration des titres dans les mains de quelques puissances, une logique qui ne sera pas étrangère à la sous-capitalisation chronique de la presse quotidienne.