[Édito] Génération Covid : il faut réinvestir dans la jeunesse !

Politique économique

[Édito] Génération Covid : il faut réinvestir dans la jeunesse !

Pour Stéphane Marchand, directeur de la rédaction de Pour l'Éco, il y a urgence à investir dans la jeunesse française, dont l'équilibre est encore plus fragile à cause de la pandémie de Covid-19. 

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Derrière la pandémie, crise sanitaire massive, resurgit une autre crise bien plus profonde, le sous-investissement dans les jeunes et leur avenir. Les confinements ont rapetissé l’économie et contracté l’offre d’emplois.

Alors que deux cohortes, la 2020 (750 000 jeunes) et la 2021, vont faire irruption en même temps sur le marché du travail, l’entrée dans la vie active de la génération Covid va être difficile. L’instabilité et les salaires dégradés seront au rendez-vous.

Les jeunes sans diplôme seront en première ligne. Pour eux, le CDI risque de rester un mythe.

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Deux jeunesses indispensables

Globalement, le chômage des jeunes est le double de celui de la population, mais cette moyenne ne dit rien. Le taux d’emploi des diplômés du supérieur (80 %) est comparable à celui des actifs plus expérimentés.

En revanche, ce taux chute à 30 % pour ceux qui n’ont pas dépassé le collège. Parmi eux sont surreprésentés des jeunes sans qualification, issus de l’immigration et ayant des parents au chômage.

La France entretient deux jeunesses : celle qui est instruite, qui ira loin, et la précaire, qui piétinera au seuil du marché du travail. Elles n’ont rien en commun, mais elles portent le même enjeu immense. 

Toutes les deux incarnent le futur. Notre avenir a besoin des deux.

Le chômage des jeunes représente un défi existentiel pour l’Europe. Sans mesures efficaces pour faire des jeunes une main-d’œuvre formée et adaptable, la viabilité de l’Europe en tant que marché innovant et compétitif est menacée face aux États-Unis et à l’Asie.

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Réinvestir dans l'éducation

Là encore, la France s’enlise. En 2021, le niveau moyen en maths des élèves français de quatrième est à peu près égal à celui des cinquièmes de l’année 1995.

Par rapport aux autres pays évalués par l’enquête Timss, la France est la dernière d’Europe et avant-dernière des pays de l’OCDE.

On ne peut que réclamer à grands cris un immense effort de mise à niveau, pour que cesse la cohabitation explosive entre une élite qui rétrécit et le pays qu’elle est censée diriger.

Oui, il s’agira d’un investissement très coûteux, sans doute des dizaines de milliards d’euros. Mais cela coûtera bien moins cher que de ne rien faire. Car un pays qui abandonne sa jeunesse est un pays fini.

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